Ellie, juste Ellie.

03 avril 2015

J'aime mon travail, et je le fais bien.

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Vous allez vous dire que je suis chiante, à parler encore de mon travail. Mais c'est pour cette raison précise que je le fais : parce que je l'aime.

Je ne l'aime pas pour le salaire, ou pour les soi-disant privilèges que l'on me prête parfois. Pas que. Je l'aime pour ce qu'il est, un partage humain fantastique et un métier où peu de journées se ressemblent. Je travaille avec des clients souvent exigeants, impolis, en colère, insultants, voire menaçants. Mais je travaille surtout avec des clients adorables, respectueux, rayonnants, mais qui ont leurs petites angoisses, qui ne peuvent pas connaître les transports aussi bien que moi, et qui ont besoin que je les aide pour être rassurés. Qu'ils fassent partie de la première catégorie, ou de la seconde, je suis équitable avec tout le monde : mon boulot est d'être agréable avec chacun et d'apporter mes services. Point.

J'aime aider. J'aime les gens. J'aime me sentir utile, renseigner, trouver une solution à des demandes parfois farfelues. Je suis là pour ça. Et pourtant, pour certains, mon boulot se résume à vendre bêtement des tickets et m'emmerder derrière une vitre à un guichet. Ce n'est pas mon cas. Et heureusement ce n'est pas ce qu'on attend de moi, l'exigeance est quelques crans au dessus. Avant de trouver ce boulot, je suis passée par des jobs, disons-le, franchement sous payés, même pas déclarés, et sans aucun respect du code du travail. Je sais ce que c'est de galérer, de ne même plus réussir à apprécier un boulot qui avait tout pour nous plaire, tellement on ne nous respecte pas.

Je conçois donc qu'on ne puisse pas toujours aimer son travail. C'est impossible de trouver du premier coup quelque chose qui nous plaît, nous convient, nous correspond. C'est parfois l'oeuvre de toute une vie. Comme me l'a dit une amie, un travail sert également à faire bouillir la marmitte, et c'est évident qu'on ne choisit pas un petit boulot par passion, mais plutôt par volonté de renflouer le compte en banque. Mais la grande question, c'est : est-ce pour autant une raison de mal faire son travail ?

Je vous explique. Je suis une cliente habituée d'un Subway. Pas tout près de chez moi, mais bon, il est très bon, et on y est toujours bien accueillies, alors pourquoi aller donner nos sous ailleurs ? Hier, après une nuit de boulot, mal réveillée, j'y vais chercher notre repas de midi, à mon chéri et moi. Au moment de mettre la garniture, je dis que je souhaite des oignons. La serveuse comprend mal, et répète ce que je crois être "Oignons ?". Je réponds donc oui. Je la vois qui commence à mettre de l'huile d'olive dans mon sandwich. Le fait est que nous avions toutes les deux mal compris ce que l'autre avait dit. Moi et même le monsieur à mes côtés, qui avait bien entendu ce que j'avais demandé, nous paniquons et nous disons, d'une voix forte pour être entendus (et sous le coup de la panique) : "Non non!!! C'est oignons!!!".

Si un regard pouvait tuer, je ne serais certainement pas là pour vous raconter ma vie à présent. Après m'avoir assassiné du regard, l'employée prend directement la mouche : "Non mais C'EST BON QUOI ! Je vous ai répété, vous entendez rien, c'est pas ma faute!". Je lui dis que j'ai eu peur, que c'était juste pour qu'elle entende. "Non mais je vous ai répété, répété, vous entendez rien, j'y peux rien moi". Là, si j'avais eu des forces, je pense que j'aurais pu lui sortir énormément de grossiertés (j'en ai énormément en stock)(même trop au goût de mes parents). Le fait est que j'étais choquée. S'il y avait bien un endroit au monde où je n'imaginais pas qu'on me manque de respect à ce point, c'était bien ici, dans ce havre de paix, le seul endroit où je me sentais chaque fois comme une vraie cliente, considérée, respectée... Contrairement au Carrefour où on s'en fout de ta gueule, au Mcdo où tu peux rien demander sans qu'on te lâche un soupir de boeuf ou au restaurant où tu restes à attendre, debout, un quart d'heure, avant qu'on pose le regard sur toi.

J'étais fatiguée. J'étais choquée. Le gérant m'a demandé ce qu'il s'était passé, s'est excusé, m'a même donné un cookie en plus. La seule réponse que j'ai réussi à avoir, c'est "Ca ne me fera pas revenir quand elle est là". Et ça me fait chier parce que le pauvre, s'il a embauché une pauvre idiote dépourvue de professionnalisme, ce n'est pas vraiment sa faute. C'est un monsieur très gentil, qui connaît ma commande par coeur et qui sait très bien que je suis polie, gentille et humaine. Cela m'a également gênée qu'il puisse, dans un coin de sa tête, penser que je méritais le comportement de son employée.

Le fait est que lorsque je fais le mauvais ticket à un client, je ne l'engueule pas. Je m'excuse et je lui refais le bon. Et ça se termine là. Et ça me troue le cul que certains n'aient pas cette mentalité, qui n'est rien d'autre que du professionnalisme. Lorsque mes collègues parlent mal aux clients, je leur fais souvent remarquer qu'ils sont un peu durs avec eux, et je me sens gênée pour les clients. J'ai parfaitement conscience qu'on puisse être à bout de nerfs, et pas fait pour le service à la clientèle. Mais en attendant de pouvoir évoluer et s'échapper de là, la moindre des choses, c'est de traiter les clients comme tels, et pas comme des chiens. Même les plus insultants. Au moins, nous avons fait notre taff correctement.

Cela m'a fait mal de me dire que je me casse le cul tous les jours à supporter des injures, des impolitesses, des reproches, avec le sourire (pas toujours !) et avec calme (toujours !), quand d'autres, comme cette employée, n'ont de toute évidence aucune capacité pour gérer un métier en contact avec la clientèle. Oui, elle peut ne pas aimer ça, oui elle peut avoir ses mauvais jours. En deux ans de boulot, des mauvais jours, j'en ai eu la dose, et je n'ai jamais fait subir à un client. Le client, tes états d'âme, il s'en carre, et il s'en carrera encore plus si tu lui manques de respect. Car t'as beau être humain, il l'est aussi.

Citation

Sur le million de chômeurs en France, il y a tant de personnes qui seraient ravis de faire ce travail. Et même si faire des sandwichs n'a rien de foncièrement passionnant pour beaucoup de personnes, en cherchant bien, c'est facile de trouver des gens sérieux, prês à assurer un service digne de ce nom, sans caprice ni scène de ménage. J'en fais partie, et pourtant je n'ai rien d'extraordinaire. C'est juste normal. Et si ça ne lui semble pas normal, à elle, qu'est-ce qu'elle fait là au juste ? On ne l'oblige pas à aimer ce qu'elle fait. Mai au moins, à le faire bien.

Personne n'y est pour rien à nos enfantillages et nos humeurs. Et ça, je l'ai compris très vite. Malgré les menaces de mort parfois angoissantes, malgré les accès de violences, malgré les crises de larmes qui me sont tombées dessus au boulot à cause de la fatigue, la rage, l'humiliation et la frustration, je ne me suis jamais abaissée à être agressive et manquer de respect. Et surtout pas pour une telle broutille. Si en plus, le conflit vient d'un malentendu, il n'a aucune foutue raison d'être.

N'avait-elle pas mal compris aussi, finalement ? Si. Lui ai-je dit qu'elle ne comprenait rien ? Non. Je n'aurais jamais dû avoir à supporter la petite colère d'une gamine dénuée de la fibre commerciale et aucunement faite pour le travail pour lequel elle est payée tous les mois. Et si j'étais déjà bien sûre de vouloir épargner cela à mes clients, que je respecte et même que j'apprécie, cela n'aura fait que renforcer mon idée. Parce que j'en ai marre, de payer, payer, payer, et finalement, de ne jamais être considérée. Même dans les endroits que je pensais différents, on finit par se faire engueuler par les gens à qui on donne notre argent. Mon argent, je le gagne en bossant le week-end, les fériés, la nuit et très tôt le matin, alors il est hors de question que je le gaspille avec ce genre de personnes.

Désolée, mais je l'ai sur le coeur depuis hier, et il fallait que ça sorte. Je peux repartir tranquille. Et rassurez-vous, bien que cela m'ait fortement énervée... Trottée dans la tête... Et bien, le soir-même, j'étais là pour les clients, avec le SMILE, et je les ai traité avec égard. Comme quoi, c'est possible !

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29 mars 2015

"Arrête de parler"

 

J'ai toujours eu des relations compliquées avec mon père.

Enfant, adolescente, et même adulte, ça ne s'arrange pas. Lorsque j'habitais encore sous son toît, j'avais eu le malheur de dire à quel point je ne voulais plus vivre avec mes parents. Ne plus vivre avec mes parents, cela voulait simplement dire : ne plus vivre avec lui.

A présent, je vis chez moi avec mon fiancé, j'assume 95% des dépenses, je m'occupe de tous les papiers, toutes les courses, et d'une partie des tâches ménagères. Mes parents ne s'occupent plus de rien, et j'en suis pourtant toujours au même point : mon père me rend malheureuse. Je n'aime pas être avec lui. Et j'emmerde royalement tous les cons qui ont parlé de moi sans savoir, qui me disaient conne et ingrate.

Depuis petite, mon père est celui qui m'a toujours écrasée pour s'étonner ensuite que je n'arrive pas à tenir debout, me sommant d'être heureuse car je n'avais aucune raison de ne pas l'être. Il est celui que je retrouvais en tout point dans mon premier amour : un homme égocentrique, agressif et dénué de toute objectivité. Quand je l'entendais rentrer à la maison, je me refugiais dans ma chambre. Quand je l'entendais monter à l'étage, je priais qu'il ne vienne pas me voir. Quand il m'adressait la parole, ça se terminait la majorité du temps en engueulade et en pleurs, roulée en boule dans mon lit. J'en venais donc à rêver qu'il ne m'adressse plus la parole.

Il me fait peur. Pas qu'il soit forcément violent. Il me fait peur, car je sais qu'à chaque fois que je suis avec lui, je prends le risque qu'il m'en envoie plein la gueule, et que je finisse encore comme la gamine blessée, malheureuse et en colère, parfaitement à son image. C'est toujours ce que je suis, par sa faute. Aujourd'hui, j'ai enfin osé dire : "Y a quelqu'un qui va oser ouvrir sa gueule ou pas ?" pendant qu'il me hurlait dessus pour une raison futile devant toute la famille. L'espace d'un instant, j'en ai eu marre de subir, de le laisser me dicter ma manière d'être. Ma mère s'est décidée à lui dire de se calmer.

Quand j'ai dit à ma grand-mère qu'elle m'avait mis un peu trop de poisson dans mon assiette, et que je ne finirais sûrement pas tout, j'ai eu le droit à un "arrête de parler". Quand je lui ai dit que je parlais si je voulais, que la liberté d'expression et ses "Je suis Charlie" ce n'était pas sélectif, il s'est énervé et m'a expliquée par A+B à quel point il fallait que je la ferme, qu'on s'en foutait de ce que j'avais à dire.

Il a beau être mon père, rien n'autorise autant de méchanceté. Rien n'autorise un père à restreindre sa fille de 22 ans dans ses paroles à un repas de famille. Je ne suis plus la gamine qu'il faisait pleurer pour une sombre histoire de linge sale, de porte des toilettes à laisser ouverte sous peine de guerre nucléaire et de bouton de salle de bain à ne pas allumer trop fortement. Je ne suis plus la gamine de quinze ans qu'il a baffé car elle avait eu l'audace de prendre un bout de pain qui apparemment lui appartenait, ce qui a valu la crise d'hystérie du siècle. Je ne suis plus cette gamine qui n'avait pas d'autre choix que d'habiter avec lui, en souffrant quotidiennement de sa présence.

Je ne suis plus cette gamine, et pourtant, mes sentiments sont intacts. Il me fait toujours monter les larmes aux yeux quand il est décidé à me pousser à bout. Il me fait toujours bouillonner d'une rage douloureuse quand il veut m'empêcher de parler, de penser. Il me fait toujours souffrir quand j'ai l'impression de ne pas être appréciée par mon propre père pour ce que je suis. Il me fait toujours bouffer de ce sentiment d'injustice, quand je le vois s'acharner et que personne ne moufte. Pourtant, si ma grand-mère se décidait un jour à lui dire de fermer sa bouche, il ne piperait pas mot. Sa petite chose, c'est moi. C'est tellement facile de s'en prendre à moi. Je suis jeune, je suis sa fille, et si je lui disais vraiment ce que je pense de lui et son comportement, je deviendrai la méchante. L'ingrate. 

Je n'arrive pas à rester de marbre face à lui. Il est toxique. Il n'a jamais été comme ma mère. Ma mère qui me câlinait quand je pleurais à cause des garçons. Ma mère qui annulait ses soirées quand elle voyait que j'étais déprimée, pour rester avec moi, même si elle savait que j'allais rester enfermée dans ma chambre. Ma mère qui d'un seul coup d'oeil a toujours su quand ça n'allait pas, tandis que mon père éclatait de rire quand il remarquait que j'avais pleuré. Ma mère qui m'a toujours dit que j'étais belle, quand mon père me répétait sans cesse de perdre ce poids, que ce n'était pas joli. Ma mère qui n'a jamais émi un doute sur mon intelligence, quand mon père me traitait limite de conne pour des histoires d'assiettes et de couverts. Ma mère qui a toujours tout fait à la maison et qui n'a jamais rien demandé, tandis que mon père se plaignait dès qu'une casserole n'était pas disposée dans le placard de la manière dont il voulait. Ma mère qui ne m'a jamais faite pleurer, d'aussi loin que je me souvienne. Quand mon père est celui pour qui j'ai versé le plus de larmes...

Je serai toujours cette gamine. Malheureuse, face à lui, sous le poids de ses mots et la durceur de son regard. Et pourtant, je mérite mieux que ça. Je mérite de grandir, de passer à autre chose, de me défaire de cette dépression qu'il a tissé autour de moi. Et dont, depuis sept ans, je n'arrive pas à me défaire.

Je l'aime.

Mais c'est tout.

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13 janvier 2015

Pourquoi la liberté ne devrait pas tuer ?

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Je ne vais pas faire dans l'originalité, je vais vous parler aujourd'hui du massacre commis dans les locaux de Charlie Hebdo il y a maintenant une semaine, ceux-là même qui ont entraîné prise d'otages conduisant à la mort de certains civils innocents.

Vous vous doutez bien, je suis fâchée. Il m'a fallu une semaine pour me décider à écrire là dessus. Je n'ai été, pendant plusieurs jours, que tristesse. Je ne sais pas forcément pourquoi j'ai été aussi chamboulée, au point de ne penser qu'à ça, de ne plus rien oser faire de "futile" par respect pour les victimes de la tuerie... Une chose est sûre et les derniers jours l'ont prouvé, je suis loin d'être la seule.

Déjà, pour ne parler que des deux guignols qui ont commis l'attentat dans un premier temps : je n'en peux plus de cette place qu'a la religion dans notre vie, au point de pouvoir nous donner la mort. Je suis moi-même chrétienne, croyante, j'ai longtemps détesté qu'on insulte mon Dieu... Et puis quoi ? Je n'ai jamais tué personne, promis juré craché. Je suis même sortie quatre ans avec un homme qui disait de Dieu qu'Il était un gros connard, et encore, s'il existait ! J'ai survécu, ne vous en faites pas. Comment j'ai fait? Soit on est mature, et on supporte sans faire de caca nerveux, voire on discute posément de tout ça. Soit, on ignore, on se barre, on n'écoute pas, on arrête pas de fréquenter la personne en question, bref, on fait tout sauf TUER LA PERSONNE, merde !!!

Je ne comprends décemment pas comment on peut se dévouer à un Dieu au point de perdre de vue tout ce qu'il est censé nous inspirer. Dieu, n'est-ce pas la paix, la tolérance, le "tu ne tueras point ton prochain"? Ou alors ils ont tout compris à l'envers, ou alors leurs actes n'ont dans le fond aucun rapport avec la religion. Ce ne sont que des brutes sauvages et débiles qui ont trouvé une excellente excuse pour tuer des gens qui les gênent, sachant pertinemment que l'excuse du "oui, mais il a insulté notre prophète" rallieraient à leur cause pas mal d'ignorants fanatiques. La preuve que la religion, dans le fond, ils s'en foutent un peu mon neveu : ils ont tué un flic qui n'a jamais rien fait à leur Dieu.

Une des choses qui me choquent dans toute cette tragédie, c'est qu'on doive justement parler de tout ça. Qu'on doive justement auprès de bien trop de personnes admettre que certes c'est mal de se moquer d'un prophète... A croire que pour certains, la question fondamentale est : ont-ils bien fait de tuer les journaslites de Charlie Hebdo ?

Mais putain comment osez-vous ne serait-ce que vous poser la question ? Est-ce si important que cela face à la vie d'innoncents? Vous êtes au courant que ces journalistes n'ont jamais tué personne, qu'ils avaient des familles et des personnes qui les aimaient de tout leur coeur ? On s'en fout de votre foutue liberté d'expression qui doit avoir des limites, et blablabla. On parle de plusieurs existences qui se sont achevées par quelques coups de feu tirées par deux grosses andouilles indignes de torcher le cul du plus pourri d'entre nous.

Quand je vois toutes les personnes qui disent que c'est triste, mais qu'ils auraient dû fermer leur gueule, que c'est limite bien fait, que ça leur apprendra à se moquer de Mahomet, je suis comme ça :

Vraiment.

Charlie Hebdo a publié ceci :

Hé mais il parle de la Bible ? Il parle de ma religion à moi, là? Et il ose le mettre en premier, en plus? Bazooka direct, attends !!! Puis en plus, mon Dieu il est tout puissant, mais il a à tout prix besoin de moi, petite mortelle insignifiante, pour que son honneur soit sauf... Si, j'te jure...

Plusieurs personnes m'ont dit directement à moi que quand même fallait voir ce qu'ils publiaient. Ouais, et alors ? Si t'es pas content, tu portes plainte. Je n'ai pas porté plainte pour atteinte à ma religion, car j'ai d'autres priorités, pas que ça à foutre, et qu'ils ne m'obligeaient en rien à lire leurs journaux. Si tu portes pas plainte... Ben, tant pis pour toi.

Nous sommes tous libres. Ils étaient libres de s'amuser à se moquer de tout et n'importe quoi (ils ont donné leur vie pour ça, et je me demande encore si ça valait la peine dans ce monde d'ignorants), mais nous étions tous libres de les ignorer, de ne pas les lire. La preuve, je ne les lisais pas. En admettant que je sois une grosse psycopathe qui n'a pas de vie, ça m'a peut-être évité des pulsions meurtrières, alors l'indifférence, ce n'est pas mal, non ?

J'ai longtemps pensé que la liberté d'expression s'arrêtait là où on commençait à vexer les autres. Cela fait un petit bout de temps que j'ai changé d'avis. A mes yeux, on vexera toujours quelqu'un. Nous ne serons jamais tous d'accord, à valeurs égales et opinions similaires. C'est impossible. Ce n'est pas pour ça que l'on doit tous fermer notre gueule, craindre les représailles à la moindre blague ou parole un peu critique.

J'ai déjà vu un magazine traiter les personnes obèses de "libidineuses feignasses avec un paquet de pepito" (Biba, il me semble), eh bien... Je me suis énervée dans mon coin. J'ai arrêté de les lire quelques temps. Et ça s'est arrêté là. J'ai vu une caricature de Charlie Hebdo qui représentait le Saint-Esprit dans un trou du cul... Et... Et... RIEN. Si je crois réellement à ma religion, je n'ai pas besoin que les autres y croient également pour vivre en paix. Je n'ai pas besoin que les autres la respectent. L'important, c'est plutôt que moi je la respecte pour me sentir bien.

Alors ceux qui aiment bien partir dans le débat de l'irrespect dont faisait preuve l'équipe de Charlie Hebdo, il fallait vous réveiller avant et porter plainte. Ce n'est pas maintenant qu'ils ont été sauvagement assassinés qu'il faut vous pencher sur leurs dessins pour dire qu'ils l'ont peut-être un peu cherché. J'en ai rien à foutre qu'ils l'aient cherché, moi j'ai juste trop de peine pour ces vies détruites par deux connards qui n'auront jamais rien apporté de bien à notre société.

Je suis fâchée, et blasée. Je perds peu à peu espoir.

Et je transmets mes condoléances les plus sincères aux familles et proches des victimes. Ce ne sont pas juste des journalistes qui sont morts, ce sont des personnes. Des personnes. Ceux qui trouvent leur mort méritée, vous devriez y penser. Aussi cons  que vous soyez (oui, car souhaiter la mort de quelqu'un, c'est pas bien, je vous apprends peut-être quelque chose ?), vous êtes tout de même des personnes et vous n'aimeriez pas que je vous tue car je vous trouve abominablement cons. Votre maman n'aimerait pas non plus. C'est tout.

Je nous souhaite bon courage pour nous relever de tout ça.

 

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Ils auront au moins fait un heureux, n'est-ce pas ;)

 

Source (images) : ici

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07 décembre 2014

Pourquoi être en voiture mérite un gif ?

Quand une voiture devant moi ne sait pas trop par où aller.

 

Quand hier soir, ma collègue et moi nous sommes disputées, qu’elle m’a tapée, et que je n’en resterai pas là.

Quand une voiture me colle au cul et me fait des appels de phare alors qu'elle a une voie libre pour me dépasser.

 

Quand hier soir, les bornes du Drive nous ont plantées et que du coup, nous étions en rush permanent de 22h à 23h30.
When the drive breaks.

Quand on me grille ma priorité à droite.

 

Heureusement, c’est vendreuday.

Quand j'arrive sur l'A15 un lundi matin...

 

 

Dramatic Diva Kid

Quand j'entends ma chanson préférée du moment à la radio.

 

high five animated GIF

Quand mon copain et moi, on fait la course.

 

Quand un mou du genou me fait rater le feu vert.

 

 

Quand j'arrive bientôt au bout des trois ans du statut "Apprenti" de jeune conducteur.

 

 

Quand je me mets en tête d'apprendre aux gens à bien prendre un carrefour.

 

 

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Quand j'ai tellement peur qu'on me vole ma voiture que je vérifie dix fois de suite que tous les loquets sont bien fermés.

 

Quand une femme excitée me crie dessus par la fenêtre (sans raison valable), que je prends un raccourci, et que je passe devant elle en lui faisant un gros doigt d'honneur pendant qu'elle poireaute à son feu rouge (désolée mais elle était vraiment trop tarée ! ^^)

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Quand je grille un feu sans le faire exprès.

 

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Quand j'arrive derrière les éboueurs le matin, et que c'est signe d'un retard inévitble au travail.

 

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Comment je me sens quand je roule dans Paris.

 

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Quand une voiture au stop me regarde arriver sans avancer, et commence à passer une fois que je suis là.

 

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Quand je suis exaspérée du comportement de certaines personnes sur la route.

 

Quand l'aiguille de mon compteur d'essence pointe inévitablement vers le bas.

 

 

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Quand je trouve une station où le diesel est à 1,17 euros le litre.

 

Moi tous les jours pour les 3 prochains mois

Dans ma voiture, tous les matins, à 5h30.

 

Quand tu retrouves des frites au fond de ton sac McDo.

Quand aujourd'hui, le feu rouge qui me soule tous les jours est orange clignotant.

 

Quand ma mère me dit que je suis vraiment trop excitée au volant.

 

me all the time

Quand je me rabats pour laisser passer une voiture mais que, bien sûûûr, elle prend son temps.

 

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Quand mon père dit que je conduis bien mieux que lui.

 

Quand on me demande pourquoi c'est le bordel dans ma voiture.

 

Dramatic Pug is Dramatic

Quand, en attendant au feu, je grille le mec dans la voiture d'à côté en train de m'observer.

 

Quand à 2h ou 5h30 du matin, la route est vide pour aller ou rentrer du boulot.

 

SOURCES : http://parisquotidiens.tumblr.com/, http://realitealafrancaise.com/

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30 novembre 2014

Pourquoi les gros savent qu'ils sont gros ?

Non pas parce qu'ils se voient tous les jours dans la glace, et qu'ils sont bien obligés quelquefois de poser les yeux sur leur corps, genre quand ils se savonnent les cuisses dans la douche. Non, non, bien entendu que non. Ils le savent parce que tout le monde se sent obligé de leur rappeler. Si on ne leur disait pas, à ces pauvres personnes, à quel point elles ne sont pas minces comme il faut, elles ne le sauraient jamais, voyons...

Que cela soit clair, si j'emploie le mot "gros" dans mon titre, ce n'est pas pour insulter ces personnes, qui ont le même triste problème que moi. C'est pour vous dire comme je me vois dans les yeux des autres.

Dès que tu as un problème, les gens se sentent obligés d'appuyer dessus, de manière presque compulsive. Certains diront que c'est pour votre bien, d'autres que vous l'avez bien mérité à vous laisser aller, que ce n'est qu'être honnête de vous insulter et vous juger sur votre corps. Dans tous les cas, AUCUN, je dis bien AUCUN, de ces éternels discours moralisateurs sur ce que nous devrions faire pour être moins gros ne sont utiles ou même pertinents. C'est comme dire à quelqu'un "arrête de fumer" ou "arrête de te ronger les ongles". Qu'arrange-t-on en faisant juste remarquer un problème déjà bien connu et mal vécu ? A part remuer le couteau, cela ne change rien.

Depuis que je suis adolescente, tout le monde me rabâche qu'il faut que je me prenne en main, que j'arrête de manger comme un cochon, que vraiment plus tard j'aurai des problèmes de santé. Mais fuck, je le sais que je mange trop, et fuck, moi aussi j'ai peur d'avoir une crise cardiaque bien trop tôt. Je ne suis pas comme cela par plaisir, j'ai mes raisons, mon vécu, mon métabolisme aussi. A chacun les siens. Par exemple, certains pour se sentir exister jugent compulsivement et gratuitement les autres. Moi, je mange.

Quand je ne mange pas, je ne me sens pas en sécurité. Tant que je n'ai pas ce que je m'étais mis en tête de manger, je ne suis que frustration, je ne pense qu'à ça, et moins je mange, plus j'ai envie de le manger. Me retenir ne sert à rien, sauf à faire grossir mon envie, ma compulsion, jusqu'à ce que cela explose et que je parte en cacahuètes. Quand je me mets en tête que c'est de CA dont j'ai envie, je n'arrive pas à me l'ôter de la tête. Pourtant, j'ai un boulot, des tâches ménagères et des rendez-vous médicaux, mais ça revient inlassablement à la charge. Il me le faut sinon je ne me sens pas bien. Comme démunie, vide, en danger.

Je ne demande pas à ce qu'on comprenne cela car c'est très personnel. C'est étrange, aussi, pour autrui. C'est ce que je ressens. Moi. Je n'en suis pas heureuse. J'aimerais pouvoir penser à des frites, et arriver à continuer ma journée normalement, sans opression, sans frustration, sans obsession. Cela me rendrait la vie tellement plus facile.

J'ai déjà bien assez à gérer avec moi-même. Je ne suis pas sotte ni aveugle, je sais que j'ai un problème et que ma santé et mon apparence en patissent tant que je ne règle pas le souci. Je n'ai pas besoin d'en avoir dix fois la confirmation chaque jour. C'est très généreux de la part des bien-pensants, mais non merci. On le sait. Tout comme une blonde sait qu'elle est blonde, qu'un homme noir sait qu'il est noir, ou qu'un roux sait qu'il est roux, je suis une femme obèse qui sait qu'elle est obèse.

Je viens d'aller consulter un hypnotiseur Eriksonnien pour ma perte de poids. Je ne me mise pas tout sur lui et j'ai ma part de boulot à faire. Il parle beaucoup, explique les choses, donne de bons conseils. Il m'a expliqué une chose très simple : "Il y a un effet placebo. Tant que tout le monde vous parle de votre poids, votre poids est le centre de votre vie et vos soucis et il ne peut que continuer à exister. Cela ne peut pas s'arranger comme ça. Si on arrête de vous en parler, c'est prouvé, il sera plus simple pour vous de travailler dessus."

Et ce n'est pas faux. Rien que ne plus entendre tous mes proches me parler de ma graisse à longueur de temps ou m'espionner dès que j'ouvre la bouche pour me nourrir enlevera une partie du problème. S'ils me laissent me débrouiller, qu'ils me font confiance, et qu'ils se contentent juste de vivre avec moi, de m'aimer et de me soutenir, c'est déjà bien mieux. Cela instaure un contexte plus propice au renouveau. Plutôt qu'une vague déprime mêlée à de la honte personnelle d'être moi-même, et l'impression désagréable qu'ils ne m'aiment pas tant que ça pour toujours me pointer du doigt et me blesser.

C'est tout ce que je leur demande, finalement. De m'aimer. De comprendre que derrière mes dizaines de kilos en trop, il y a un coeur, des sentiments, une personne qui a bien conscience du problème. Et ce n'est pas parce qu'ils arrêteront de me rabâcher leur leçon de morale et de nutrition que je me laisserais aller, bien au contraire. De la compréhension, de la tolérance, ce n'est que du bonheur. Et là où il y a du bonheur, il y a plus de chances d'y avoir la réussite. Je me fais confiance. Je vais continuer les séances d'hypnose et fournir un travail pour y arriver. Même si ça prend du temps, même si je dois parfois me contrôler... L'hypnotiseur m'a fait voir les choses d'une manière tellement... parlante, que je ne peux pas faire autrement que d'essayer. Il le faut. Cette personne que je veux être est en moi, mais c'est à moi de casser tous les obstacles qui m'empêchent de l'atteindre. Ces obstacles, ce sont les kilos, et tous les inconvénients qui en découlent : ma confiance en moi, ma joie de vivre limitée, mon envie permanente de m'effacer, ma colère aussi.

Je sais que je suis grosse. Je n'ai pas besoin de vous pour me le rappeler, seulement pour m'aider à y remédier, cela me suffira amplement.

:)

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16 novembre 2014

Pourquoi la dépression ce n'est pas "que dans la tête" ?

tahar-ben-jelloun

En deux ans de traitement pour dépression, j'ai eu droit à beaucoup de perles. Pour replanter un peu le décor, je souffre de symptômes dépressifs depuis que je suis en troisième (j'ai actuellement 21 ans), et je ne me suis décidée à consulter un médecin qu'à mes 20 ans, après une période dépressive si intense que j'avais voulu mettre fin à mes jours.

Et depuis quelques mois, j'ai eu le bonheur, dans mon périple médicamenteux (qui ne consiste qu'à un seul cachet par jour, pourtant), de rencontrer quelques boulets, appartenant pourtant au monde médical, qui m'ont faite me sentir comme la pire des merdes.

Lorsque je ne prends pas mes cachets, au bout de deux jours, rien ne va plus. J'ai des vertiges, des nausées, je ne tiens presque plus debout, et inévitablement, je suis déprimée. C'est ce qu'on appelle le sevrage. Mon corps me dit, en gros, "hé connasse tu vas nous donner la petite pilule magique tout de suite, ça fait deux ans que t'en donnes et là plus rien? Bim dans ta gueule". Parfois, j'oublie de le prendre, et je tombe là dedans. Un jour, c'est arrivé lorsque j'étais en formation. Je raccompagnais chaque soir ma collègue chez elle, en voiture. Après avoir failli causer une dizaine d'accidents vu mon état, ma collègue, dépressive également et connaissant donc mes difficultés, est venue avec moi à la pharmacie. Je n'avais pas d'ordonnance, plus de pilules, pas le temps d'aller chez le médecin les deux semaines précédentes à cause de mes horaires, et elle voulait m'aider à demander une boîte d'avance. Elle l'avait déjà fait, moi non. Nous sommes arrivées. J'ai exposé mon cas au pharmacien, promettant de ramener l'ordonnance deux jours plus tard après avoir vu mon médecin, lui expliquant à quel point je me sentais mal, et combien j'avais besoin de ce cachet pour pouvoir continuer à mener ma vie normalement, sans manquer de m'évanouir tous les deux pas. Sa réponse fut épique :

"Ah non, mais faites du sport, ou prenez des médicaments aux plantes. Moi je peux rien faire. C'est dans votre tête tout ça".

J'ai éclaté en larmes dans la pharmacie. J'étais fatiguée, malade, et énervée. Ma collègue, qui ne mâche pas ses mots, lui a grogné que j'étais malade, qu'il ne devait jamais avoir été dans cette situation pour dire ça. Elle m'a pris sous son bras et nous sommes parties. Je suis allée dans une autre pharmacie, suis tombée sur une gentille dame plus avenante, qui a appelé mon médecin pour lui demander l'autorisation, et qui m'a ensuite donnée ma boîte d'antidépresseurs. Dans mon piteux état, mais soulagée, j'ai ramené ma collègue chez elle non sans la remercier de son soutien, et j'ai ingéré ma drogue.

Malheureusement, le médecin qui me suit depuis que je suis toute petite est atteinte d'un cancer récalcitrant. Comme quoi ceux qui dévouent leur temps à aider les autres sont bien mal remerciés par la vie. Elle est donc souvent absente sur de longues périodes. J'ai été obligée de prendre rendez-vous avec son remplaçant, récemment. Je n'étais pas dans de bonnes dispositions, car de moins en moins timide, et donc, davantage apte à dire ce que je pense sans détour. Ce bon monsieur me demande ce que je veux. Je lui dis que je viens faire renouveller mon ordonnance de Der*xat.

"Ah bon? Pourquoi prenez-vous cela ?"

Pour m'amuser, guignol.

"Parce que je suis dépressive depuis quelques années".

"Ah bon, mais il ne faut pas se prendre la tête, vous êtes jeune, vous avez toute la vie devant vous."

T'es médecin de quoi, connard? Tu ne sais pas que c'est une maladie et que par conséquent cela ne se décide pas?

"Je ne l'ai pas décidé."

"Pourquoi êtes vous déprimée ?"

Parce que j'ai pas eu ma portion de frites à la cantine ce midi, tiens donc.

"C'est un tout, ça ne s'explique pas toujours. J'ai déjà tout raconter à Dr B. Et Dr M. Je ne vais pas le faire encore une fois. Je suis juste venue renouveler."

"J'aimerais bien que vous m'en parliez, quand même".

Putain, il va pas me lâcher.

"Cela faiit plusieurs années que ça ne va pas, mais je me suis décidée l'année dernière après une relation difficile."

"Oh mais vous avez 21 ans il ne faut pas vous pourrir la vie pour une amourette !"

C'est décidé, je lui casse la tronche.

"Ce n'est pas qu'à cause de ça, je vous dis juste que c'est le moment où je me suis décidée à me soigner."

"Quand même, juste pour un homme, mademoiselle. Il faut tourner la page et aller de l'avant".

Retenez-moi, vite.

"La page est tournée depuis longtemps. Je suis avec quelqu'un d'autre depuis 1 an et demi."

"Ah bon !!?! Mais alors vous allez mieux !"

C'est cela oui.

"Non ça n'a rien changé."

"Et pourriez-vous me dire ce qui vous perturbe ?"

Allez, je vais lui confier un truc, il sera content et il me foutera la paix.

"Mon poids".

"Ah bon, votre poids. Vous vous sentez mal dans votre corps. Vous voulez vous peser?"

"Non."

"Allez-y, cela reste entre nous".

"Non, je ne veux pas".

"Mais si, allez-y !"

"NON!!!"

La crise de nerfs arrive à pas de géants. Je ne vais pas rester calme longtemps. Ah non, pardon, je ne suis déjà plus calme.

"Très bien, très bien. Pouvez-vous au moins me dire votre taille et votre poids?"

Je lui donne. Il tapote sur son ordinateur, puis, fier de lui, retourne l'écran vers moi.

"Alors, sachez qu'avec votre taille et votre poids, vous êtes là sur la courbe..."

Je le coupe directement.

"Non mais c'est bon, je sais déjà ce que je suis, Monsieur. Je suis obèse, je n'ai pas besoin que vous me le disiez."

"En effet, oui, vous êtes obésité stade 3. Sachez qu'il existe des opérations pour les gens comme vous. Il y a le sleeve qui pourrait vous convenir. On vous agraphe l'estomac pour qu'il soit plus étroit et vous mangez donc moins."

A partir de ce moment là, j'ai lâché l'affaire, j'ai refusé tout ce qu'il me disait et j'ai amené la conversation vers la fin pour qu'il me chie enfin mon ordonnance et que je puisse m'en aller. Passons sur le fait qu'il a presque refusé de me prescrire ma pilule car je suis trop grosse pour la prendre selon lui. Je t'emmerde, connard. Bien sûr, il a trouvé utile de me dire que tout ça n'était que dans ma tête et de terminer l'entretien sur un "tounez la page sur le passé". Merci, vieux sage.

Ce ne sont que des mésaventures parmi d'autres. Je ne vais pas m'étendre sur toutes les fois où, au boulot, je me sentais tellement mal que je ne pouvais plus rien faire, mais que je ne pouvais pas l'expliquer pourquoi à mes collègues et chefs sans parler de cette maladie qui, apparemment, n'en est une pour personne. Je ne vais pas m'étendre sur cette femme médecin, un jour, remplaçante de mon actuelle, qui a refusé de me renouveller mon ordonnance car elle n'avait aucune preuve que je sois dépressive. Je ne vais pas m'étendre sur mon père qui, lorsqu'il a appris que j'étais traitée pour dépression, m'a juste dit "on a un toît sur la tête et à bouffer dans le frigo, faut pas se prendre la tête comme ça". Merci papa, je suis heureuse d'être au chaud et d'avoir à manger, je le suis vraiment, malheureusement le problème n'est pas là, et je suis tout de même reconnaissante à la vie de ce qui est en ma possession. Il ne manquerait plus que je ne sois pas consciente des bonnes choses, et là je serai bonne pour l'abattoir...

Je ne m'étendrai pas non plus sur toutes ces réflexions idiotes, comme quoi la dépression n'existe pas, que c'est juste dans notre tête, pour nous rendre intéressants, et que ce n'est pas grave. Mon amie collègue, malade également, a déjà tenté de se suicider en se découpant le bras. Elle en garde une immense cicatrice à vie. Elle m'a un jour dit, en me montrant son bras : "Tu vois, ça, c'est ce qui arrive quand je n'ai pas mes médicaments. Ne laisse personne te dire que ce n'est pas grave et que c'est juste dans ta tête, ils n'y connaissent rien".

 J'aimerai bien ne rien y connaître, moi aussi. C'est vrai, la vie a l'air tellement belle quand on juge les gens sans même se demander s'ils vont bien ou pas... C'est ce qu'une de mes blogueuses préférées a soulevé dans son dernier article (Canalis, ici). On juge lorsqu'on ne connait pas, lorsque quelque chose nous est inconnu, mais si parfois on se contentait de se demander si la personne va bien ou non, ne serait-ce pas plus humain ?

Je ne sais pas si ce pharmacien s'en préoccupait tellement, avec son speech à trois sous sur les plantes et le vélo d'appartement. La deuxième pharmacienne, après quelques secondes d'hésitation, a pris en compte l'état pitoyablle dans lequel j'étais, avec mon visage en sueur, ma voix tremblante, mon amie qui me soutenait à mes côtés, et mon embarras à la déranger, à lui demander de faire ce qu'elle pouvait. Le médecin remplaçant, lui, je ne me pose même pas la question. Sans doute qu'il aimerait que j'aille bien car je suis jeune, pimpante et que ça serait plus simple de perdre du poids dans un contexte psychologique idyllique. Mais est-ce qu'il s'en soucie vraiment, je n'en donne pas cher. Mon père... Se soucie de moi. Oui, il veut que j'aille bien. Mais lorsque ce  n'est pas le cas, il est, je pense, démuni. Dans l'incompréhension. Ne comprend pas, et n'essaie pas de comprendre. Cela dure depuis le collège, et depuis le collège, je passe pour l'adolescente qui fait la gueule et qui ne sourit jamais. Mais maintenant, je suis une adulte, avec des responsabilités, un boulot, un appart', un petit-ami, je souris, je vis... Et ça ne va toujours pas pour autant. Peut-être y a-t-il donc matière à réfléchir et à le démunir du coup davantage. Nous ne serons jamais en phase tous les deux, et pourtant au fond nous sommes tellement pareils. Ma mère me comprend. Parfois, elle tente de relativiser, et la réalité la rappelle à l'ordre : ce n'est pas un "la vie est belle" qui m'aidera, c'est la vie elle-même qui chaque jour me fait avancer. Les mots, bien intentionnés ou pas, ne sont que facultatifs. Mon petit-ami lui, ne comprend pas du tout, je pense. Mais il ne m'a jamais vraiment jugée. Il fait comme si ça n'existait pas. Il me dit d'arrêter mes médicaments, comme si en les supprimant de ma vie, cela supprimera la dépression. Je ne sais pas, honnêtement, si j'en ai encore besoin ou pas, ce que je sais, c'est que je suis capable d'aller durablement bien. J'ai déjà réussi. Malheureusement, la dépression, c'est comme les boutons, ça s'en va et ça revient, parfois ça reste un bout de temps et ça arrache tout sur son passage.

Sur cette comparaison délicieuse, j'aimerais juste finir... Oui, la vie est belle. Oui. Mais si elle était facilie, ça se saurait. Si nous étions tous taillés de la même manière, ça se saurait. Si nous pouvions contrôler ce qui se passe dans notre corps, ça se saurait. Une dépression se gère, oui, mais son apparition n'est pas plus contrôlable que celle d'une grippe.

Comprenons que certaines personnes sont complètement différentes de nous, que nous ne savons pas tout, et que ce qui nous est étranger n'est pas que "dans la tête" des autres. Si c'était uniquement dans la tête, les personnes les plus gravement atteintes de cette maladie n'en arriveraient pas, pour certains, à perdre la vie. Quelque chose qui n'existe pas ne peut pas tuer, normalement. Sachez-le.

Sur ce... Bonne soirée à vous tous ! Des bisous.

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09 novembre 2014

Pourquoi la violence existe-t-elle ?

 

J'ai été témoin d'une agression, pour la première fois de ma vie.

J'ai passé vingt et un ans à ne faire qu'affabuler sur ma manière de réagir si cela m'arrivait. On m'a donnée, aujourd'hui, l'occasion de faire mes preuves. Une chose est sûre, c'est ce que je suis déçue de moi-même.

J'étais dans ma voiture, sur le parking de chez ma belle-mère. Je vois un jeune homme qui s'agite, je ne relève pas forcément, de toute manière je n'habite pas dans une ville réputée pour son calme et ses habitants dignes de confiance.

Je remarque vite qu'il est en train de taper quelqu'un, quelqu'un qui ne réplique pas. A y regarder de plus près, c'est une jeune femme qui est recroquevillée contre une voiture, et qui encaisse ses coups sans pouvoir se défendre.

Première étape. L'état de choc. Quelques secondes sont passées, pendant lesquelles j'avancais lentement, prétrifée par ce que je voyais. Je travaille à la SNCF, et je pensais que les pics de violence, je les découvrirai au boulot. Même en gare je n'avais jamais vu tant de violence et de cruauté. Il enchaînait les baffes, les coups de poing, je serais bien incapable de vous dire ce qu'il faisait précisément. C'est arrivé il y a quelques heures, et pourtant c'est flou dans ma tête. Dans un second temps, le gars s'est barré. Je me suis arrêtée près de lui, et enhardie par la colère que me provoque tant de lâcheté, je lui demandé si ça allait bien dans sa tête de bâtard, s'il n'avait pas honte de taper une femme, qu'il devrait crever de honte. Bien sûr, monsieur a passé la moitié de son corps par la fenêtre de ma voiture pour menacer de me frapper également, mais ça ne m'a rien fait. Je lui ai dit qu'il le fasse, qu'il me baffe. Il a hurlé que je ne connaissais rien à ses histoires et il est parti, furax.

Je suis partie aussi, et suis retombée dans mon état de choc. Quelques minutes plus tard, je me suis rendue compe d'une chose ignoble : je n'avais pas été voir la jeune femme pour lui demander si elle allait bien. C'est quand même triste de donner de l'importance à l'agresseur, celui qui ne mérite que l'indifférence la plus complète, et d'oublier complètement la pauvre femme qui a subi ses coups et sa colère. Quand même bien l'a-t-elle quitté pour un autre ou trompé avec la moitié de la ville, aucune femme ne mérite cela. Je n'irai pas jusqu'à dire que personne d'humain ne le mérite, car cela ferait du bien à certaines personnes de subir ce qu'ils font subir à leurs victimes, les meurtriers pour ne citer personne.

Mais merde, une femme... C'est une femme qui nous a tous mis au monde. Celle qui portera ton enfant neuf mois avant de lui donner la vie, c'est une femme. Une femme, à mes yeux, c'est tant de force et de fragilité à la fois. Merde, la violence c'est quand même un sacré fléau. Et les spectateurs, qui comme des cons ne font rien, ou s'en prennent à l'agresseur en oubliant le vrai problème : la victime.

J'étais en train d'aller chercher du Subway. Autant vous dire que j'avais plus rien envie de faire, sauf aller me rouler en boule dans mon lit et ruminer. J'ai eu besoin, une fois à l'arrêt, de souffler un coup et de me reposer un peu. Mais rien n'y a fait : j'étais choquée. La violence existe, et j'en ai une preuve autre que les journaux télévisés et les clients qui me crient que je suis une salope quand il y a trop de monde dans ma file d'attente. La vraie violence existe, et nous devons être là pour ceux qui la subissent, leur montrer qu'ils ne sont pas seuls, et leur redonner confiance en l'humain. Pas seulement penser à tout le mal que l'on souhaite à leur agresseur. Ce n'est pas suffisant.

La prochaine fois, j'espère être fière de moi.

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19 octobre 2014

Pourquoi j'emmerde les jaloux ?

Il y a quelques semaines, j'ai eu le "plaisir" de suivre une formation d'agent commercial dans mon entreprise. Pendant cinq semaines, nous avons dû apprendre tous les produits et tarifs de gamme, tous les services, tous les maillons de l'information voyageur, les cartes régionales et nationales, la compabilité, j'en passe et des plus chiants. Il faut savoir qu'au bout de la formation, nous avions un examen, et en cas d'échec, au revoir, tchao, hasta la vista, tu pouvais retourner crécher chez Pôle Emploi. On y va pas dans la demie mesure.

Nous avons, pour cette formation, été réunis dans un groupe de douze agents, tous venus de gares diverses. Si vous vous dites que c'est un pays tout roudoudou, qu'on s'aimait tous comme des dingues et qu'on s'envoyait des fleurs, détrompez-vous. La solidarité et le respect entre collègues, c'est largement dépassé.

Une formatrice nous a dit que cette formation, nous nous en souviendrons toute notre vie. Elle avait raison. Cette formation est officiellement le déclic qui m'a fait passer de "bonne poire soucieuse des autres" à "je fais mon boulot et si tu m'aimes pas, je t'emmerde profondément". Pourtant, des collègues désagréables, des clients odieux et des aventures aussi bien personnelles ou professionnelles qui auraient pu me rendre aigrie, il y en a eu. Mais l'amour de mon boulot et de mon prochain n'a jamais été en diminuant, au contraire. Mais là... Là !

Je vais vous raconter.

Concrètement, cette formation, c'était du bourrage de crâne. Concrètement, à chaque fin de journée, on était aussi bien lunés que les zombies dans The Walking dead. Concrètement, une seule journée pour apprendre toute la compta ou une seule journée pour apprendre tous les produits tarifs pro après-vente comprise, c'est suicide collectif assuré à 16h30. On a tous tenu bon, bien que mon groupe ne cessait de se plaindre ouvertement des difficultés à tout apprendre, et parvenait à se trouver des excuses pour avoir la note 01/20 à la carte de France au bout de trois semaines de formation.

J'ai bossé. Beaucoup. J'irai même jusqu'à dire que je n'ai fait que ça. Toutes les pauses (déjeûner, matin/aprem' confondus), toutes mes soirées, tous mes week-end étaient consacrés à mes révisions, mes fiches, mes cours. J'ai commencé dès le 1er jour. Je n'ai jamais fait ça de ma vie, même pour le bac. Mais j'étais motivée et surtout, passionnée par mon boulot et mon entreprise. J'ai privé mon mec de sexe, je n'ai presque pas vu ma famille, mes amis ont dû oublier mon prénom, mais cela valait le coup, car je savais répondre à presque tout. Je ne suis pas parfaite, j'ai des trous, des incompréhensions, des choses qui ont du mal à rentrer, mais j'ai bossé et j'ai réussi.

Lorsque les autres ont commencé à se rendre compte de l'ampleur de mes connaissances, ça a commencé à jaser. Leur excuse pour baver sur mon dos, c'est que j'étais timide, et qu'apparemment ça ne se fait pas d'être timide. J'ai eu beau dire que je les appréciais mais que c'était mon caractère, ça a parlé. J'ai donc décidé d'arrêter toute once d'efforts.

Vous comprenez, c'est mal de travailler. J'ai été fortement critiquée car j'étais discrète et que j'avais l'audace de ne pas rester trois heures à parler de séries le midi, et que je ne sortais pas respirer la fumée de leurs cigarettes en pause. Je préférais lire mes cours. Bah oui, mais moi, j'ai réussi. J'ai eu 18 de moyenne, les points que je n'ai pas eu sont dû au manque de confiance en moi, au stress, et les examinatrices ne savaient pas trop quoi me reprocher mis à part mon manque de confiance. Les connaissances sont là, et je reste à présent rarement plantée comme une bûche devant les questions des clients. Je ne les renvoie plus trois gares plus loin pour faire un billet de TGV, je sais les renseigner sur l'après-vente de leurs produits, je connais les subtilités et je deviens un agent plus efficace.

Un jour, à une semaine de la fin, il y a eu un gros clash. J'ai appris que ça parlait sur moi, en mal, et j'ai clairement dit que ça m'emmerdait. Pris dans le sac qu'ils étaient, ça s'est pointé du doigt dans tous les sens pour se dédouaner, et ça a finalement trouvé la parade : trouver un bouc-émissaire à accuser de "trahison" et de "balance" et tous se liguer contre lui. C'est tombé sur une femme du groupe très gentille, qui n'a pas supporté d'être accusée injustement de leurs gamineries, et qui a même reçu des insultes. Elle a fini aussi dégoûtée que moi de ce groupe de faux-culs.

Pour la première fois de ma vie, j'ai dit haut et fort "Parlez, parlez, je m'en fous complètement de vous.". Ca n'a pas plu. Mais bon écoute... S'ils peuvent se permettre de telles choses, je peux bien me permettre de leur dire ce qu'ils représentent pour moi : rien.

Le pire, c'est que ce groupe se targuait d'être super solidaire et amical. Oui, moi aussi ça me fait rire jaune (jaune bien bien fluo).

En bonus, je me suis fait une super copine : une femme, normalement mûre, qui a avoué vouloir être "leader de sa promo" (et sinon c'est qui ton cavalier pour le bal ?), mais qu'à cause de moi elle lâchait l'affaire. Une femme qui m'a atrocement mal parlé devant une formatrice qui a fait les gros yeux. Malheureusement pour elle, elle est tombée sur une journée où ça n'allait pas, et j'ai très mal pris ses mots et son arrogance au point de devoir sortir de calmer hors de la salle. Elle a ensuite dit qu'à cause de "Ellie qui sortait chialer et à qui on ne pouvait rien dire elle payait les pots cassés", juste parce que les formateurs ont bien remarqué son comportement hautain envers les autres. Elle nie, évidémment, être responsable de quoi que ce soit, parce que bien sûr je suis timide donc je suis conne et faible, alors je peux toujours causer tiens. Lorsqu'elle a répété une enième fois devant tout le monde qu'à cause de moi, elle avait eu une mauvaise appréciation, je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire que je n'étais pas la seule fautive de cela. Madame ne laisse personne en placer une, va parler 15 minutes pendant une présentation et laisser sa coéquipière parler trente secondes à tout casser, et c'est ma faute si on lui reproche de ne pas avoir d'esprit d'équipe. Allez chercher... Le pire, c'est que je lui ai expliqué pourquoi je n'avais pas supporter sa manière de me parler, et elle a continué sa merde, à tout me mettre sur le dos. Passons.

Ce que j'ai compris, c'est que moins on fait de vagues, plus on s'en prendra dans la gueule. Y en a bien qui étaient mal coiffés, qui ouvraient trop leurs bouches pour dire des bêtises ou d'autres qui ricanaient comme des bêtasess la moitié du cours ; me serais-je permis, de mon propre chef, d'aller critiquer leur personnalité, leur nature profonde, pour le plaisir de critiquer ? Ils n'ont même pas eu l'intelligence de choisir une bonne excuse pour parler dans mon dos : être timide, ce n'est pas un motif valable pour faire les hypocrites ! Si j'étais raciste, qu'on était plusieurs dans ma tête ou que j'étais une grosse garce, ils auraient des raisons de chercher la petite bête. Mais là franchement, si ce n'est pas juste pour le plaisir de cracher sur quelqu'un, qu'est-ce donc ?

La morale c'est que si j'avais voulu me faire des copains, j'aurais certainement dû rater tous les tests et gémir que je ne comprenais rien à longueur de temps. J'ai osé savoir répondre quand on me parlait, ne pas me laisser influencer par leur laxisme dans les révisions, et j'assume les conséquences. Ce qui est regrettable, c'est qu'il y en ait.

Nous avons passé l'examen sur deux jours. J'ai tout passé la première journée et dans les premiers. Mon 18, je l'ai eu honnêtement. Eux, ont passé la première journée à récolter toutes les questions posées durant les oraux, et comme le jury est super malin, il a reposé les mêmes questions le lendemain. Ceux qui n'en ont pas branlé une se sont retrouvées avec des 19 car ayant appris uniquement les réponses à 5 pauvres questions précises. Ils ont eu de la chance, leurs prévisions ont été bonnes... J'aurais été contente pour eux. Mais ça, c'est dans un monde idéal. Car il a fallu qu'ils se la ramènent. ENCORE, me direz-vous ? Oui. Oui oui oui. Paraît-il qu'ils ont "niqué Ellie".

Vous m'avez niqué à la déloyale. Mais écoutez-moi bien : je vous emmerde, honnêtement, dans les règles de l'art, sans tricherie.

J'ai bossé, et j'ai réussi. Si c'est une tare, c'est malheureux, mais au moins je sais ce que je vaux. A bon entendeur !

Tout ça pour dire que lorsque je suis revenue en gare après ma formation, je n'ai jamais été aussi heureuse de retrouver les clients. Trois semaines plus tard, cette joie ne s'est toujours pas tarie. Clients, spontanés aussi bien dans la colère que dans la joie, je vous aime. Vraiment !

Excusez cette haine, ce déballage, mais franchement, autant de bassesse m'a vraiment traumatisée. Je suis revenue plus remontée que jamais et ça fait du bien de me décharger enfin un peu :)

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09 octobre 2014

Pourquoi je ne bois plus d'alcool ?

De mes 16 ans à mes 20 ans, j'ai bu énormément d'alcool. J'aimais bien me mettre la tête à l'envers avec ma meilleure amie, et je finissais inévitablement par vomir dans des pots de fleurs à Châtelet et à vouloir me rouler en boule en pleurnichant sur ma lamentable existence. Bien sûr, avant cela, l'alcool me rendait rigolote durant, disons, une bonne heure... Pour des heures entières de merde derrière.

Alors j'ai décidé d'arrêter. Lorsque j'ai commencé à prendre mes antidépresseurs, et que mon psychiatre m'a bien dit qu'en aucun cas il ne fallait que je consomme de l'alcool durant le traitement, je me suis dit que c'était fini les soirées où on se bourre la gueule pour un oui ou pour un non.

Depuis, j'ai très très peu bu. Mais il y a comme un problème, mon petit Houston. Ce problème, c'est les autres.

L'alcool à beau me rendre :

-Malade

-Agressive

-Déprimée

-Puante de la gueule

-Gueularde

-Immorale

-Me faire vomir dans le train de 5h00

-Me faire vomir dans la rue

-Me faire vomir dans les bars

-Et beaucoup d'autres choses encore...

 

Et bien, les gens considèrent que si je refuse de boire quelque chose qui me rend TOUT CA, c'est que je ne sais pas m'amuser. Je suis une empêcheuse de tourner en rond. Je ne suis pas drôle. Je ne sers à rien dans les soirées. Bref, je suis vraiment bête de ne pas boire. Et puis tes médicaments ça va hein, c'est pas un verre qui va...

Hier, pour la première fois depuis longtemps, j'ai bu. Je suis pourtant toujours sous traitement. Mais à force de toujours refuser et de me faire remarquer à cause de ça, j'ai voulu qu'on me foute un peu la paix. Le résultat, c'est que je n'ai même pas été plus drôle que d'habitude, j'ai été prise de bouffées de chaleurs énormes et j'ai eu un mal de crâne insupportable jusqu'à ce que j'aille au lit. Wahou... C'est super l'alcool ! Comment ça valait trop le coup !

Sérieusement, je supporte de moins en moins qu'on me juge sur mon refus à ingérer ce poison. Ce n'est même pas bon, ça rend malade (sur le court et long terme) et ça ne sert à rien. Si les gens ne sont pas foutus de vous accepter quand vous n'êtes pas soûles, oubliez-les et cherchez vous de vrais amis qui vous aimeront pour ce que vous êtes. Je suis idiote d'avoir pensé qu'on m'apprécierait davantage si pour une fois je ne refusais pas. Au bout du 5ème shot, lorsque je disais que je n'en pouvais plus, complètement affalée sur le canapé, j'avais l'impression d'être revenue au point de départ. Je devais à nouveau refuser, comme la fille inintéressante que j'étais.

Je vous le dis ; nous sommes tous de belles personnes et si vous n'aimez pas l'alcool, ne vous forcez surtout pas. Pas besoin de se rendre malade pour se faire apprécier, les gens qui en valent la peine viendront creuser d'eux-mêmes, que vous soyez sobres ou pas. J'ai la chance d'avoir près de moi des personnes qui le font, mais ce n'est pas le cas de tout le monde.

 

Et si vous aimez ça, je vous dis tant mieux ! Avec modération, bien sûr ! Mais ne forcez pas les autres à faire comme vous, nous sommes tous différents, et bien heureusement d'ailleurs.

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28 juillet 2014

Pourquoi être cheminote mérite un gif ? (2)

 

 

Quand on retrouve jamais rien dans les tiroirs du bureau de vente.

 

Quand quelqu’un te fait un faux plan et te dit : ”On se reprogramme ça, hein !”

Quand un client me demande s'il peut repasser me voir demain car il me trouve très jolie.

 

Quand en soirée, je rencontre des gens qui connaissent mon Tumblr.

Quand, plusieurs fois par jour, les clients me disent : "Merci beaucoup, vous êtes vraiment très gentille".

 

Quand je fais une série de plusieurs jours avec une collègue que j'adore.

 

Quand c'est mon premier samedi de libre depuis... longtemps !

 

Quand, au moment de sortir ouvrir la gare à 6h un dimanche matin, il se met à tomber des trombes d'eau.

 

Quand je me prépare pour une série d'interminables matinées.

 

me judging you

Quand, derrière notre guichet, nous sommes parfois témoins de looks légèrement douteux.

 

me

Quand, le dimanche matin à mon guichet, je m'emmerde vraiment comme un rat.

 

Quand c'est la grève, que tout le monde vient se plaindre à moi, alors que, bah je suis là moi hein...

 

Quand, parfois, tu tombes sur un client qui sent l'alcool/le tabac/tout ça à la fois.

 

Quand on me dit que c'est honteux de faire grève pendant le bac, qu'on est vraiment des cons égoïstes, et qu'on devrait tous être au chômage.

 

Quand ma chef me demande de venir la voir et que je suis pas rassurée.

 

Quand finalement, c'est pour me dire qu'elle est très contente de moi, que je suis dynamique, efficace et super cool avec les clients.

 

Quand, dans cinq minutes, je ferme mon guichet pour faire ma fin de service.

 

Quand je dis : "Je sors, je vais faire de l'accueuil."

 

Bon courage à tout le monde pour cette semaine ! :)(notamment et surtout pour tous ceux en partiels)

Quand ma famille me demande comment ça se passe au boulot.

 

(J’ai pleuré devant un épisode des Kardashian une fois)

Quand parfois je me demande si je suis faite pour ce boulot.

 

me all the time

Quand même mes proches critiquent la SNCF et disent qu'on a qu'à aller dans le privé.

 

Quand j'ai foutrement pas envie de bouger de mon siège aujourd'hui.

 

Quand j’attends la mise à jour de mon dossier à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie #CPAM pour appeler l’opthalmo.

Quand j'arrive au boulot, et que je me rappelle qu'aujourd'hui il n'y a aucun train pour Paris Nord à cause des travaux.

 

DEMAIN C’EST VENDREDI !

Quand, "grâce" à la grève, on a pas de tour de train à faire le soir.

 

Devoir me lever à 9h un samedi.

Quand j'apprends pourquoi certains collègues se sont embrouillés.

 

Un poète.

Quand je vois un couple s'engueuler dans le hall.

 

Quand on hésite à sortir de notre guichet pendant une interruption totale de circulation d'une durée interminée.

 

 

Quand un mec arrive bosser à la gare alors que nous sommes une équipe constituée uniquement de filles (je vous laisse imaginer les embrouilles...)

 

fashion!

Quand je laisse ma chemise ouverte au boulot.

 

Quand un fraudeur essaie bêtement de passer avec moi dans les machines d'entrées.

 

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Quand ma collègue fait grève et que je suis toute seule jusqu'à 1h30.

 

 

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Quand je vois qu'il me manque une pièce comptable à mettre dans ma pochette de fin de service.

 

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Quand je demande bien au client s'il veut un un retour, qu'il me dit non, et qu'il me demande ensuite où est son deuxième ticket.

 

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Quand on me demande si le mois prochain va être gratuit vu qu'il y a des travaux.

 

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Quand je m'ennuie, qu'un client passe... et qu'il ne vient pas me voir.

 

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Quand une vieille dame me prend pour une imbécile qui raconte n'importe quoi, alors que je lui explique simplement que la fiche horaires regroupent les deux lignes.

 

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Quand je me rends compte qu'on a oublié de jeter les pendus et baccalauréats qu'on a fait jusqu'à 1h du mat.

 

 

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Quand je dois attendre qu'un client sache, enfin, quel ticket il veut acheter, où il va, est-ce qu'il faut un retour...

 

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Quand un client me tend un billet tout gluant mais que je suis obligée de le prendre.

 

Quand je raccompagne une jeune fille en voiture à la fin de mon service à 2h du matin, parce qu'il pleut, qu'elle a raté son noctilien et que deux mecs chelous la suivent partout.

 

Quand je lis toutes les méchancetés/conneries écrites sur les cheminots sur twitter.

 

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Quand ma collègue propose qu'on parte un peu plus tôt.

 

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Quand je sors enfin pour rentrer chez moi, que je ne suis plus en tenue, mais que dix clients se jettent sur moi pour me poser des questions.

 

Quand, aujourd'hui, je reçois plus de compliments que d'insultes.

 

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Quand on cherche quelqu'un pour nettoyer les vestiaires.

 

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Quand malgré les embouteillages, feux rouges, et travaux, j'arrive à l'heure au boulot.

 

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Quand sur mon planning, la semaine prochaine, je ne fais que de la gestion de site.

 

Quand c'est l'heure de rentrer à la maison.

 

Quand finalement, chez moi, en pensant au boulot...

Posté par JeuneAnecdotique à 13:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]