29 août 2012

Pourquoi je ne m'épile pas ?

 Qu'on me jette aux crocodiles ! Je l'avoue, je ne m'épile pas.

Que ça soit les jambes, le maillot ou les aisselles, je ne suis pas du tout une élève modèle en terme d'épilation.

Je considère l'épilation comme assez superflue, en fait. Et je pense que mon âme féministe n'y est pas pour rien. J'ai passé des heures à voir les aisselles poilues, les jambes de yéti et la fourrure génitale de mon homme, et cela m'a clairement coupé l'envie de faire des efforts.

Au début, je m'épilais chaque fois qu'on allait se voir. Je voulais être parfaite pour faire l'amour. Après trois ans de couple, j'ai depuis longtemps perdu cette petite habitude naïve, fatigante et pompeuse de temps . Je vais me faire pleins d'ennemis, mais je le dis : j'ai beau être une femme, je n'ai pas envie de m'épiler, et je ne le fais pas. En été, je m'épile de temps en temps les aisselles lorsque je vais à la piscine, mais telle que je me connais, c'est vraiment le maximum.

Premièrement, je vais vous raconter les expériences que j'ai eu en terme d'épilation :

-Lorsque je m'épile le maillot, c'est bête, mais j'en enlève trop. Je commence, je me dis « j'enlève que le superflu », et je finis avec l'abricot complètement lisse. Pourquoi ? Parce que dans le moove, je ne pense plus du tout à ma dignité et au temps que je perds, je suis juste focalisée sur le « trop », aveuglée par l'envie d'exciter mon copain, et j'enlève tout, au fur et à mesure, en me disant toujours « encore un peu et c'est fini ». L'épilation, c'est limite de l'hypnose, vous voyez. C'est une manipulation habile de l'esprit pour nous pousser à arracher toujours plus, comme ces produits que les fabricants mettent dans les chips pour qu'on ne sache plus s'arrêter d'en bouffer et qu'on soit obligés de finir le paquet en une fois. Quelqu'un voit ce que je veux dire ?

-Lorsque je m'épile les aisselles, ou la cire n'arrive jamais à tout enlever, et là c'est plus problématique et ridicule que sur le maillot, ou alors mon rasoir fait le beau, genre « j'ai tout enlevé, t'as vu », et deux jours plus tard je me retrouve avec des boutons horriblement douloureux qui m'empêchent de lever les bras sans grimacer. C'est pourtant pas faute d'hydrater, mais c'est un endroit qui frotte, et je m'épile majoritairement lorsqu'il fait beau (donc chaud), et dieu sait qu'un endroit qui frotte, par temps de chaleur, ce n'est guère hygiénique.

-Lorsque je m'épile les jambes... Rien, parce que je me les épile pas.


Alors, pour rentrer le vif du sujet, je vais essayer de m'expliquer sur les points qui, je pense, intriguent tout le monde.

« Une femme avec des poils, ce n'est pas très féminin quand même ! »

On peut dire cela. Alors les poils seraient juste une caractéristique masculine, en fait ? Ce ne serait pas plutôt, à tout hasard, une chose totalement naturelle, quelque soit le sexe de la personne qui les porte ? Sans vouloir entrer dans les statistiques, j'ai déjà entendu des femmes dire « Oh, mon homme je l'aime avec ses poils, c'est sexy », et ces mêmes femmes reprendre plus tard « Ah, les poils sur une femme, c'est moche quand même, ça fait négligé ! ». Ouais, ok, j'ai compris.
Dites-moi, un homme qui porte un tee-shirt rose fait-il forcément gay ? Cela lui donne-t-il l'air efféminé ? Ne peut-il pas se balader en portant une couleur attribuée à la gente féminine, et avoir tout de même l'air masculin ? Si, pardi ! J'ai pour exemple mon propre copain, qui a un joli pull rose clair qui ne lui donne en aucun cas une allure féminine. Je me dis que ça serait tellement beau que pour les poils, ça soit pareil. Qu'une femme qui a eu la flemme totale de se faire les deux jambes avant de sortir, puisse se sentir féminine et bien dans sa peau quand même. Qu'on arrête avec ces attributions sexistes à la « le rose c'est pour les filles, les poils c'est pour les mecs, et le fer à repasser c'est pour ma maman ». Il n'y a pas de fumée sans feu, et si ces idées existent, c'est bien que nous les entretenons. Je le sais. Ce n'est pas une raison pour critiquer ou accuser de mauvais goût les gens qui refusent les conventions.

« La question esthétique, t'en fais quoi, sale révolutionnaire ? »

Mmmmmh. Laisse-moi réfléchir un instant. Je m'en tapote les nénés, de la question esthétique. Tout simplement parce que je m'occupe assez de moi pour me permettre, dans mon infinie paresse, de passer cette étape tabou. Je me maquille, je ne sors pas avec les cheveux gras dehors, j'évite au maximum les vêtements qui me donnent l'air d'une grosse patate malade, et en plus j'ai des jolis sacs. Donc, je me dis que dans le pire des cas, on ne verra pas mes poils si je lève discrétement les bras ou si j'ose mettre une jupe. Je sais, je suis complètement débile et on a juste envie de m'envoyer au pays des bisounours à coups de pieds au cul, parce qu'une femme qui exhibe des aisselles poilues, ça va complètement arrêter le temps dans l'assemblée. La preuve, on voit des photos d'aisselles féminines bien garnies dans les magazines, avec des petites annotations moqueuses (« bah alors Britney, t'es pas assez riche pour aller t'acheter de la cire ? »), mais on ne montrera jamais une photo d'homme sous prétexte qu'il a des poils. Parce que c'est normal. Oui, d'ailleurs, un homme avec des poils, c'est parfaitement normal, hein. Mais une femme aussi.

« Et sinon, un dernier mot pour faire chier ? »

Oui, mon ami. Je vais t'en apprendre une bien bonne sur l'épilation, qui éclairera peut-être ta lanterne : putain de merde, ça fait mal. C'est peut-être un concept assez mystérieux pour les hommes, mais on douille pour enlever ces petits fils disgracieux qui sortent de notre peau. Et puis en plus, j'ai une excellente excuse : je suis pauvre, et j'ai malheureusement pas que cela à foutre de mes sous d'aller me payer un kit épilation à cinq euros, surtout si c'est pour ré-investir dès que ça aura repoussé (oui, je suis quiche, j'en utilise tellement du premier coup, que pour la deuxième épilation, j'ai assez pour me faire une demie-jambe, j'ai donc arrêté les frais pour des raisons économiques un peu honteuses).
Pour finir, je lance un SOS : les filles, nom d'un chien, on souffre assez pendant nos règles, pendant nos grossesses, et pendant cette chose horrible qu'est l'accouchement... Pourquoi s'infliger cette torture supplémentaire, alors qu'il suffit de dire « j'ai pas envie » pour ne pas avoir à le subir ?

Je peux jeter la pierre à mon copain pour beaucoup de choses, mais pour cela, je suis épanouie. Je ne me suis jamais sentie moche ou masculine sous les yeux de mon amoureux lorsque j'avais des poils. Il s'en contrefout, et ce n'est même pas comme si je compensais avec un corps parfait, au contraire... Je pense qu'il a conscience que c'est de la souffrance, du temps et des sous de dépensés pour quelque chose qui au final ne change pas sa vie ni la mienne. Il a beau parfois se dire qu'il aimerait bien que je m'épile, lorsque je suis arrivée intégralement épilée, ça l'a excité trois secondes, puis il a regretté mes jolis poils d'antan. Il avait l'impression de se frotter à une petite fille. Comme quoi les poils, c'est un truc d'adulte, et non un truc d'homme...

Après, il est évident que je ne suis pas intolérante. Celles qui préférent être épilées sont maîtresses de leur corps et je ne trouve pas ça plus beau ou plus moche. Chacun décide ! Je voulais juste partager mon opinion sur ce sujet avec mes lecteurs et écouter vos avis !

J'ai tout de même envie (on va dire que c'est la petite sucrerie de mon article) de commenter quelques avis masculins dénichés sur le site Elle.fr dans le dossier « Nos hommes : ce qu'ils pensent de notre épilation du maillot ». Vous me connaissez sans doute, je ne peux décemment pas laisser passer une occasion d'ajouter mon petit grain de sel...

« Pour moi, l’épilation idéale, c’est quand il y a juste assez de poils pour cacher le sexe. Plutôt que d’être crûment montré, il est suggéré, à moi de l’imaginer, de le deviner… »

C'est beau, c'est poétique ! Mais est-ce que ce charmant homme fait autant dans la subtilité quand vient l'heure pour lui de se préparer aux câlins ? Cela m'étonnerait beaucoup...

« Il n’y a pas photo, c’est l’épilation intégrale que je préfère. Quand on sait à quel point la peau est douce à cet endroit-là, on connaît l’énorme gâchis de ne pas en profiter pleinement… »

Je comprends pas, des poils aussi, c'est doux ! Pourquoi préférer l'option douceur qui ne s'obtient qu'après avoir pleuré notre maman en mordant dans un chiffon ? Et puis, jeter des poils à la poubelle alors qu'ils pourraient nous tenir chaud, ça relève un peu du gâchis aussi. Je ne parle évidemment pas du fait que le jour où ce monsieur s'épilera intégralement, il préférera piquer comme un hérisson que réitérer l'expérience. L'égoïsme, toujours !

« Ma copine ne s’épile presque plus, sauf l’été, depuis qu’elle m’a demandé de faire pareil, et que j’ai refusé. Elle me dit qu’il n’y a pas de raison qu’elle jongle. Je lui réponds qu’elle a bien raison. En fait, ça m’est vraiment égal. »

Toi, moi, demain, 14h. Ne sois pas en retard (il a mal commencé, mais tellement bien fini).

« Au niveau de l’épilation, j’ai envie de dire : « qu’importe la forme pourvu qu’il y en ait une ». J’ai besoin de constater par le biais d’une épilation digne de ce nom que la fille s’entretient, fait attention à elle, et pas que de l’extérieur ! »

Toi, mon choubidou, ça va pas aller. Une fille qui ne s'épile pas n'est pas une fille qui ne s'entretient pas. Comme si les poils ne reflétaient que la négligence et la saleté, alors que c'est tout bonnement une chose naturelle ! Je serais très surprise si on me disait que ce zozo prend la peine de donner une forme à sa broussaille. Pardon, j'oubliais : oui, mais elle c'est une femme, c'est pas pareil !

« J’ai du mal à comprendre le blocage que se font certaines filles par rapport à l’épilation. Ok, pour un cunni, c’est plus agréable d’être en contact direct avec la peau. Mais pour le reste, honnêtement, on s’en fout, il n’y a que vous que ça gêne ! »

J'ai envie de dire : pour la fellation aussi, c'est plus agréable, et pourtant je me coince des poils dans les dents depuis trois ans.

Désolée pour la vulgarité de certains passages, qui en gêneront peut-être certains (je le dis, parce qu'on sait jamais). Je précise aussi que j'ai expliqué pourquoi JE ne m'épilais pas (d'où le titre), et non pourquoi il ne FAUT PAS s'épiler.

Vos avis sur la question ?

Posté par JeuneAnecdotique à 22:37 - - Permalien [#]
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