16 janvier 2013

Pourquoi ?

 

Mon petit-ami m'a quittée. En tout cas je considère que c'est tout comme.

Cela faisait deux semaines qu'on se parlait à peine. Lorsque j'en ai eu marre, je lui en ai parlé. Il a dit qu'il était perturbé et qu'il ne savait pas trop ce qu'il avait. Il ne voulait pas en parler. On en parlerait le lendemain, s'il y arrivait. Ok. Top chrono de la journée la plus longue de ma vie.

Après une journée immensément longue, des pleurs toutes les deux minutes et une terreur à peine dissimulée, il m'a appelée. Les murs de ma chambre étant aussi fins qu'un paquet de feuilles et la pièce principale étant toujours occupée par ma mère, j'ai décidé de sortir dehors pour discuter en toute intimité. Je me les suis pelée pendant les 2h30 qu'ont durées notre discussion. Je me suis rendue compte en rentrant chez moi que je ne sentais plus la moitié de tous mes membres, mais je m'en étais à peine rendue compte avant.

Il ne sait pas s'il veut me quitter ou pas. Il se pose des questions sur sa vie. Il va avoir 32 ans, il habite encore chez sa mère, tous ses collègues vivent seuls, il ne sait pas ce qu'il veut faire comme boulot, s'il doit changer, rester. Il voudrait tout changer dans sa vie. Je fais peut-être partie du tout, il n'en sait rien.

Il dit qu'il m'aime. Il croit être encore amoureux de moi. Je lui manque tout le temps. Il aime les moments que l'on passe ensemble. Il me trouve merveilleuse. Mais il ne veut pas se tromper. Il ne veut pas rester avec moi, si son bonheur réside ailleurs. Il ne sait pas. Et moi non plus.

Je voulais passer ma vie avec lui. J'ai fait mes choix d'orientation par rapport à lui. Je voulais tomber enceinte de lui, me coucher tous les soirs avec lui, je m'imaginais déjà notre mariage. Ce n'était pas uniquement pour moi. Si je désirais tout ça, c'est parce que c'était lui, et pas un autre. C'était mon Benoît et j'avais besoin de lui. Pour vivre, pour être heureuse, pour continuer.

Du jour au lendemain, j'apprends qu'il hésite. Je disais il n'y a pas si longtemps que tout se passait impeccablement entre nous en ce moment à une amie, que je trouvais vraiment que c'était génial. Alors qu'à ce moment là, il était déjà en plein doute, en pleine réflexion.

Je me fais l'effet d'une conne, d'une débile. Je me dis que j'étais aveugle, et que pour la énième fois de ma vie, mes sentiments n'étaient pas réciproques.

Je l'ai encouragé dans son projet qui incluait des photos érotiques avec des modèles féminines malgré ma jalousie et mon manque de confiance en moi. Pourquoi ? Parce que ce qui m'importe, c'est sa réussite, son bien-être, je voulais qu'il gagne son pari, qu'il y arrive. Je me disais que je n'étais pas là pour l'en empêcher, mais pour l'accompagner.

Je pensais être sa compagne. La personne qui serait toujours là pour lui. Je pensais, sincèrement, qu'il ne pouvait pas me quitter, qu'on s'aimait trop pour ça, qu'on s'entendait trop bien pour ça, qu'on était trop faits l'un pour l'autre pour ça.

Je pensais que notre relation était une relation enviable. On restait ensemble malgré les problèmes, tout finissait toujours par s'arranger, on a les mêmes goûts à quelques exceptions près, on aime passer du temps ensemble, on se fait tellement de bien qu'il suffit qu'on se colle l'un à l'autre pour être apaisé et dormir paisiblement (ce que nous n'arrivons jamais à faire seuls), nous rigolons ensemble, même hier au téléphone nous rigolions ensemble dès que possible. Et chaque fois, je me remettais à pleurer. Je lui disais qu'on se donnait l'impression que ça allait bien, alors que non. Il me disait qu'on ne pouvait pas changer le fait qu'on s'entendait bien et que ça partait forcément dans la rigolade.

Aujourd'hui, il est venu. J'ai dû dormir 13 heures grâce à un anti-dépresseur périmé, je me suis sentie molle toute la nuit, et ça m'a fait du bien, car je n'avais pas l'énergie pour penser. Quand je me suis définitivement réveillée, j'ai repleuré. Mon cerveau était remis en marche.

J'ai mal. Trop mal. J'aimerais mourir, rien que pour ne rien ressentir. Deux journées sont passées comme deux mois. Toute la journée, je l'ai passé allongée, à alterner crises de larmes et léthargie. Je l'attendais. Je ne vivais que dans l'attente de sa venue.

Lorsqu'il était là, il suffisait que je pose mon regard sur lui, et je craquais. Il s'en veut énormément, m'a dit que plus jeune il aurait tué pour qu'une fille pleure pour lui, et qu'il se rendait compte à quel point c'était horrible, à quel point ça lui faisait du mal.

Dans cette situation, on repense toujours à la dernière fois. La dernière fois que nous avons fait l'amour. Il y a deux semaines, dans l'Indre, en vacances. C'était bien. Mais si j'avais su que c'était la dernière fois... Je me dis que j'aurais aimé savoir. Que maintenant, je me retrouve au pied du mur. Comme si je n'avais pas suffisamment profité. Profité de lui qui me faisait tellement de bien, au cœur et au corps. Je me demande si nous referons l'amour un jour, et ça me fait mal. Je repense à  nos dernières vacances. Et si j'avais su que c'étaient nos dernières vacances ? Elles auraient sans doute étaient moins heureuses. Car elles étaient heureuses. Nous avons passé des bons moments. Mais si j'avais su... Je repense à la dernière fois que je suis venue chez lui. Y retournerai-je un jour, en tant que sa petite-amie ? Tout redeviendra-t-il un jour comme avant ? Pourquoi n'ai-je rien vu venir ? Pourquoi n'ai-je pas pu me préparer ?

J'aimerais l'aider. J'aimerais qu'il reste avec moi. J'aimerais qu'il comprenne que nous avons de la chance, de nous aimer, de se sentir bien ensemble, et de n'avoir pas de problèmes plus graves qu'une baisse de libido parfois et des retards sur nos rendez-vous. J'aimerais qu'il comprenne qu'il gâche tout.

Ça m'est arrivé de consoler des gens qui venaient de se faire larguer. Finalement, je me rends compte qu'il n'y a pas de mots. Car la seule chose qui pourrait nous consoler, c'est que la personne de notre vie revienne. Et ça n'est pas possible.

Hier, j'avais des projets. J'avais mon avenir sous les yeux. Aujourd'hui, tout est tombé. Je ne vois rien, pour plus tard. Tout ça à cause d'une seule personne... Mais quand on se dit qu'on a rencontré l'homme de sa vie, n'est-il pas évident de baser son avenir sur lui ?

Je pensais être aussi la femme de sa vie. Visiblement, j'étais la seule à le penser.
Le temps est mon ennemi. Je ne sais pas quoi en faire. Je pleure, j'ai mal, je regarde l'heure. J'aimerais que tout s'accélère jusqu'au moment où ça s'arrangera. J'aimerais qu'il réfléchisse cette nuit et qu'il se dise que mince il est con c'est évident qu'il doit rester avec moi ! Et demain, tout irait bien.

Pour tout vous dire, je n'ai même pas d'espoir. Je n'ai qu'une chance sur deux. C'est oui, ou c'est non. Et je ne sais pas pourquoi, je me dis que si la réponse à venir était oui, nous ne serions pas dans cette situation actuellement. Avec lui, qui ne sait rien. Avec moi, qui ne vit plus. Ce sont les prémisses d'un non. Et j'ai peur. Tellement peur et tellement mal à la fois.

Posté par JeuneAnecdotique à 19:38 - Commentaires [18] - Permalien [#]


Commentaires sur Pourquoi ?

    en te lisant, j'ai quand même eu l'impression que ce qu'il remet en cause, c'est plus où il en est dans la vie (c'est sans doute un peu l'âge qui joue) et ce qu'il en veut en faire que votre histoire. Maintenant, il faut peut-être qu'il mette au clair ses envies et ses projets d'avenir pour pouvoir à nouveau penser à vous deux... Mais comme tu le dis, c'est 50/50

    Posté par Mariposa, 16 janvier 2013 à 20:47 | | Répondre
  • Se poser des questions, hésiter c'est normal et moi je trouve plutôt cela positif le fait qu'il t'en parle et qu'il t'en fasse part...

    Posté par Milounette, 16 janvier 2013 à 20:53 | | Répondre
    • il m'en a fait part car j'ai remarqué que quelque chose n'allait pas et qu'il n'avait donc pas trop le choix... Mais ça fait depuis novembre qu'il cogite. Au contraire je trouve ça négatif d'avoir pensé que tout allait bien pendant ce temps alors que pour lui non...

      Posté par JeuneAnecdotique, 16 janvier 2013 à 20:55 | | Répondre
  • Merde merde merde merde MERDE!
    J'espère vraiment, vraiment, que ça va s'arranger, parce que même si je ne l'apprécie pas beaucoup, Benoît, tu as l'air terriblement malheureuse. Et rien que penser à ça me fait imaginer que Mercutio pourrait très bien me quitter aussi et rien que cette crainte est horrible. Et tu es juste en face de ça et merde, j'espère tellement que ça va aller mieux!

    Posté par Decay, 16 janvier 2013 à 21:00 | | Répondre
  • Le temps n'est pas ton ennemi, mais ton ami, même si pour le moment tu penses le contraire. Je suis persuadée depuis toujours que le temps guéri tout (en ce qui concerne les histoires d'amour).
    Mais d'un autre côté, je ne sais pas pourquoi, ni ce qui me fait penser ça mais, je pense que tout n'est pas terminé. Il est possible qu'il prenne ses distances, puis qu'il veuille te reprendre après. Après tout il t'aime encore tu as dit. Je ne sais pas.. Mais je te souhaite bon courage :/

    Posté par Tote, 16 janvier 2013 à 21:21 | | Répondre
  • Je plussoie Tote qui "m'enlève les mots de la bouche". Le temps n'est pas ton ennemi mais ton ami.
    Je comprends ta douleur et tes questions, c'est légitime. Tu sais, arrivé à la trentaine, beaucoup de mecs se remettent en question et ont besoin de temps pour savoir ce qu'ils veulent. Et toi, tu n'y es pour rien.
    Si ça peut être bénéfique pour lui, ça ne pourra qu'être bénéfique pour vous 2 à l'avenir. Quelque soit l'issue!
    En attendant, prends soin de toi, fais toi plaisir, fais toi belle... C'est en te voyant "bien" qu'il saura si tu es vraiment indispensable à sa vie.
    Et bon sang ne fais pas comme si tout était déjà fini! Il n'a pas encore pris sa décision...
    Courage!

    Posté par Angèle, 16 janvier 2013 à 21:57 | | Répondre
  • Courage! S'il hésite un peu, c'est bien, au moins tu seras sûre que sa décision sera prise consciemment, et non sur un coup de coeur. Mais je comprends bien que ce ne soit pas du tout facile à vivre pour toi. Il n'y a rien de plus à dire à part "courage"!

    Posté par marion, 16 janvier 2013 à 22:13 | | Répondre
  • Je t'envoie tous les mots qui n'apaiseront malheureusement pas ta peine mais qui expriment à quel point je compatis à ta douleur.
    Bises et beaucoup de courage...

    Posté par Miss Blemish, 16 janvier 2013 à 23:36 | | Répondre
  • J'ai pas de mots... Juste je suis sous le choc et ça me fait mal au coeur...
    Pense à toi, prends soin de toi... <3

    Posté par lablune, 16 janvier 2013 à 23:39 | | Répondre
  • Oh bah mince alors !!!! Je me suis aussi fait larguer du jour au lendemain, je n'avais rien vu venir, je comprends ta douleur. J'ai réussi à le récupérer et on est heureux aujourd'hui, alors je te dirai de ne pas désespérer, surtout qu'il n'est pas sûr de lui, il est à un carrefour, l'éloignement va peut-être lui faire prendre conscience que tu lui manques trop. Je croise les doigts pour toi et je t'envoie plein de gros bisous.

    Posté par Cleophis, 17 janvier 2013 à 00:03 | | Répondre
  • Courage à toi ! Effectivement, comme tu le dis si bien, il n'y a pas grand chose à dire... La seule chose qui pourrait soulager cette souffrance, c'est lui... :/ ♥

    Posté par CyberMiette, 17 janvier 2013 à 00:29 | | Répondre
  • ton article me touche, car mon homme s'appelle Benoït aussi; mais surtout, il m'a déjà fait "ce coup là". Se remettre en question dans sa vie à lui, puis mélanger ses doutes à notre relation, tandis que moi je ne voyais rien, je pensais que tout allait bien... j'ai beaucoup pleuré, mais surtout, je l'ai laissé respirer. On habite ensemble depuis 3 ans maintenant, et le "laisser respirer" n'était pas facile, car on partageait toujours le même lit, mais sans se toucher... et progressivement c'est lui qui est revenu. Après de longues discussions, il a réalisé le mal qu'il m'avait fait sans le vouloir, qu'il aurait dû ne pas mélanger ses doutes à ses sentiments. Parce que oui, c'est normal, à l'âge de ton Benoit, de flipper sur son avenir. Mais si tu lui montres que tu es là, discrètement sans te faire trop pressante pour qu'il prenne une décision, vous allez y arriver. Et comme disent Tote et Angèle que j'approuve, le temps est ton ami. Ce n'est pas à toi de te remettre en cause, mais tu peux lui montrer que tu comprends ses doutes, et que tu le soutiens s'il veut changer son orientation professionnelle ou autre.
    Courage ma belle, j'ai confiance en ton amour pour lui, et paumé comme il à l'air d'être, c'est ton amour pour lui qui pourra effacer cette mauvaise passe. Gros bisous

    Posté par chloé, 17 janvier 2013 à 10:10 | | Répondre
  • Je ne sais quoi te dire.. Tu as raison, les mots ne changent rien à la situations. Je ne peux que te dire de positiver, qu'il n'a pas encore pris sa décision et que comme tu dis, il y a une chance sur deux. C'est con à dire et dur à faire, mais accroche toi à ça, positive à mort en te disant que sa réponse sera "oui". Ne te laisse pas aller. Il y a énormément de personnes derrière toi, qui te soutiennent, que tu les connaissent bien ou pas du tout (comme moi :P).
    Je suis de tout coeur avec toi et j'espère sincèrement que tout s'arrangera. Tu mérites d'être heureuse.
    Je pense et penserai à toi très fort ces prochains jours, en espérant bientôt voir un article ou tu nous expliquera que tout est arrangé.
    Je t'embrasse bien fort et n'hésite pas à me contacter si tu as besoin de parler (leblogdelaurap@gmail.com)

    Courage ! <3

    Posté par Lauraly, 17 janvier 2013 à 12:16 | | Répondre
  • Rien n'est encore jouer ma belle. Le doute arrive dans tous les couples.
    C'est à lui d'abord de gérer ses soucis, ses doutes, ses peines. J'espère qu'il prendra rapidement une vraie décision et que toi, tu seras forte. Les premiers moments sont les plus difficiles, généralement des jours plus ensoleillés finissent par arriver.
    (je sais que dans ces moments là, aucun mot n'est assez fort pour nous remonter le moral alors je n'insiste pas trop)

    Posté par Marcelle, 17 janvier 2013 à 13:20 | | Répondre
  • Coucou, je suis vraiment désolée pour toi :( J'ose pas liker l'article, j'aime pas liker ce genre de choses :(
    Je ne sais que trop bien ce que tu peux ressentir, on se pose 36 000 questions, tu te demandes ce que t'aurais du ou pu faire, ton humeur est en dents de scie, tu te dis que c'est fini, t'es super triste et deux minutes après tu te dis que tu vas le "récupérer" et ça va mieux et ça s'arrête pas, c'est la première chose à quoi tu penses le matin, les larmes aux yeux où tu te dis que t'aurais préféré ne pas te réveiller.
    Je ne suis pas douée dans ce genre de situations parce qu'il n'y a rien que je dirai qui pourra apaiser ta souffrance donc je te souhaite tout simplement beaucoup de courage et espère que tout rentrera dans l'ordre que ce soit séparation ou réconciliation, j'espère que ça passera vite.

    xxxx

    Posté par luminiouroz, 17 janvier 2013 à 14:40 | | Répondre
  • je suis toute peinée pour toi, c'est trop nul et égoïste de sa part, quand on aime une personne on fait tout son possible pour ne pas la faire souffrir !!! bises tout plein

    Posté par lheureuseimp..., 17 janvier 2013 à 18:35 | | Répondre
  • Il semble effectivement perdu dans tous les domaines, mais je rejoins les commentaires de Tote et Angèle.
    Je me mets à ta place et comme je disais plus haut, j'ai juste envie de te serrer bien fort pour essayer de t'apporter du réconfort et de te dire de laisser le temps faire un peu les choses, le temps, au moins, qu'il arrive à y voir plus clair. Rien n'est perdu encore. Courage ma belle, je t'envoie de gs bisous pleins de douceur. Essaie de prendre soin de toi du mieux possible <3

    Posté par PtiteDelph, 17 janvier 2013 à 22:55 | | Répondre
  • Bram Stocker disait : " Si la sympathie humaine ne peux rien changer aux faits eux-mêmes, elle aide pourtant à les rendre plus supportables.".
    De tout coeur avec toi, courage.
    Bises
    Lady Eidolon
    (versioneidolon.canalblog.com)

    Posté par Lady Eidolon, 18 janvier 2013 à 18:56 | | Répondre
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