30 janvier 2013

Pourquoi n'ai-je pas pu tout avoir ?

Aujourd'hui, je vais encore vous bassiner le melon avec la rupture amoureuse, la remise en question de soi-même, notre moi intérieur, et bla, et bla, et bla (on parle de ce qu'on connaît, je suppose).

Je vous disais récemment que je me remettais plutôt bien de la rupture, que j'avais fait un gros travail pour cerner mes torts, ma part de responsabilité dans cet échec et que j'avais décidé de prendre ma vie en main. Certes, c'est un fait.

Mais j'aimerais vous parler des mauvais côtés du remontage de pente. Parce qu'il y en a.

Je vois mes amis, ma famille, je discute, je suis sociable. J'aime bien. Je me balade, qu'il pleuve ou qu'il vente, et je fais découvrir à mon chien des endroits de la ville qu'il n'avait jamais reniflé. J'aime bien. Je m'investis dans ma vie, je deviens actrice et laisse à l'ancienne moi le luxe d'être seulement spectatrice. J'aime bien. Je vais à la bibliothèque réviser tous les jours, je cherche des bouquins pour étudier, je fixe mes projets dans le temps, je fais des projets bien définis, je sais ce que je veux. J'aime bien. Je me suis remise à l'écriture, je me suis souvenue à quel point j'aimais ça, j'ai commencé un roman qui m'inspire et qui fait déjà une trentaine de pages. J'aime bien. Je vais au marché, au travail, je m'achète quelques vêtements bien féminins, je discute avec des gens, et même des garçons, je m'achète de nouvelles bottes trop jolies, je prends confiance en moi et en la vie. J'aime bien. Oui, j'aime bien.

Mais sont-ce des choses que je n'aurais pas pu faire avant ? Est-ce qu'être en couple avec l'homme que j'aime m'empêchait de me promener, de découvrir le monde, de me montrer sociable, souriante, de me renouveler et de mettre enfin mes projets professionnels au clair ? Mon couple m'en empêchait pour une seule bonne raison : parce que j'étais conne, et bien engoncée dans mon confort de petite-copine qui sert à rien et qui se repose sur son avenir amoureux en cas d'échec. Je ne voulais pas bouger, je remettais toujours ma vie à plus tard, parce que je me disais que de toute manière, je l'aurai toujours lui.

Oh mon dieu, mais vous voyez à quel point ça me rendait débile ? A quel point il fallait qu'on me foute une gifle et qu'on me retire une des choses qui comptait le plus à mes yeux pour que j'arrête enfin de me tripoter les fesses et que je BOUGE ?

C'est vraiment bête. Parce que quand je rentre chez moi, je me sens bien. Je me suis levée tôt, j'ai eu une journée bien remplie, j'ai bonne mine, j'ai mangé avec mes grands-parents de bonnes lasagnes, je me suis promenée, j'ai vu des gens, je me suis instruite et j'ai eu l'impression d'avancer dans mes études. J'ai même réussi mon créneau en arrivant sur mon parking. C'était une belle journée. Très agréable. Et je sais même ce que je vais faire demain. Mais je n'ai plus la personne que j'aime pour partager ça. Il n'est plus là pour que je lui raconte à quel point je suis contente d'évoluer enfin. Parce qu'il a fallu qu'il parte, pour que je me mette enfin en route. C'est sans doute ça, le principe du « On ne peut pas tout avoir ».

Il me manque. Son sourire me manque. Ses yeux me manquent. Sa voix, aussi. Ses « Je t'aime ». Sa petite barbe. Son rire agaçant, mais mignon. Son écharpe verte (verte, oui...). Son odeur.

Tout cela me manque. Et pourtant je me sens bien. Parce que je suppose que si ça ne me manquait pas, je ne me serais jamais décidée à être celle que je suis en train de devenir. Celle que j'ai toujours voulu être. Quelqu'un de bien. Une femme indépendante, mais aimante.

Je me sens bien. Et ça me fout mal.

Posté par JeuneAnecdotique à 17:32 - - Commentaires [9] - Permalien [#]


Commentaires sur Pourquoi n'ai-je pas pu tout avoir ?

    Ne t'inquiète pas de beaucoup parler de ça, je trouve qu'une rupture, quoi qu'on dise, est suffisamment importante pour en parler aussi longtemps qu'il faudra.

    D'un côté, tu aurais pu faire tout ça avant, oui, mais tu n'y pensais pas. Et je pense que même s'il était resté avec toi, tu n'y aurais pas pensé non plus, même pendant des années. Je pense que ce sera un bon gros bénéfice que tu tireras de cette rupture: tu fais plein de choses et t'épanouis, et je pense que si tu te remets en amour avec quelqu'un d'autre, tu sauras tout ça et là, tu auras tout n_n

    Posté par Decay, 30 janvier 2013 à 18:32 | | Répondre
    • Oui, c'est justement ça le problème de fond : s'il ne m'avait pas quittée, je ne l'aurais jamais fait. Et si c'était moi qui l'avait quittée même, je pense... J'avais besoin d'un gros coup de poing... ça fait mal mais au moins ça choque assez pour réveiller quelqu'un :/
      Le problème, c'est que malgré le fait que je me sente bien, je n'ai pas encore fait le deuil de notre relation et je ne vois pas les choses comme "si je me remets avec quelqu'un ça sera chouette" mais plutôt comme "je pourrais bien me remettre avec lui et ça serait génial et encore mieux qu'avant". Tapez-moi ^^

      Posté par JeuneAnecdotique, 31 janvier 2013 à 14:34 | | Répondre
      • Certainement pas te taper, c'est encore tellement récent, bien sûr que tu ne t'en es pas encore remise! Chaque chose en son temps, l'essentiel est que tu progresses bien :)

        Posté par Decay, 31 janvier 2013 à 22:07 | | Répondre
  • Merci. Merci. Je ne le dirais jamais assez. Tes articles, tous, les uns après les autres, me parlent toujours d'avantage. Je me reconnais tellement dans tes lignes ! Et je me sens moins seule. Mais surtout normale avec ma petite histoire qui n'est finalement pas si extraordinaire :) Alors autant que tu en profites aussi : je suis dans le même cas que toi. Nos histoires sont différentes (oh combien !) c'est sûr mais pour ce qui est du reste, une rupture reste une rupture. Tes précédents articles m'ont encouragée dans ce fameux "on se bouge les fesses" qui est mon mantra depuis que "c'est fini". Et maintenant tu retranscris exactement ce que je ressens : je suis heureuse, j'avance mais je ne peux plus le partager avec lui.
    Je t'envoie plein de courage :)
    Bises

    Posté par Miss Blemish, 30 janvier 2013 à 22:04 | | Répondre
    • Et merci, merci à toi de tes commentaires qui me motivent et me font énormément plaisir. Que le contexte soit le même ou pas, je crois que la réaction à avoir après une rupture reste la même pour tous : il faut se reprendre en main. Quoi qu'on dise, en couple, on laisse forcément des choses de côté, sans faire exprès, et on se repose un peu dessus... :)
      Je suis heureuse que tu t'y reconnaissances, j'ai l'impression d'être moins seul ;)

      Posté par JeuneAnecdotique, 31 janvier 2013 à 14:35 | | Répondre
  • Je comprends ce que tu ressens, ça m'est arrivé aussi, j'ai commencé à évoluer comme toi à un moment où un mec avec lequel j'avais été très proche et moi on ne se parlait plus, et je trouvais ça vraiment dommage qu'il ne voit pas mon évolution, qu'il ne voit pas comme je me sentais mieux...
    Mais je me disais "tant pis pour lui", il n'avait qu'à pas partir. Tu as raison de te sentir bien, c'est à toi qu'il faut que tu penses! Et le passé c'est le passé "malheureusement", donc ne culpabilise pas, l'important c'est que tu l'aies fait, peu importe le moment :)

    Posté par Illyria, 31 janvier 2013 à 09:54 | | Répondre
    • Merci pour ton commentaire ! En effet, c'est tant pis pour lui. Je trouve juste ça débile de ma part, car c'est lui qui me poussait à faire des choses et moi, feignasse, je refusais. Il aurait été heureux de voir ces changements quand on était encore ensemble mais j'ai fait ma chieuse, voilà ... ^^

      Posté par JeuneAnecdotique, 31 janvier 2013 à 14:37 | | Répondre
  • (Petite introduction tout d'abord : je ne poste d'habitude Jamais de commentaire sur les blogs, je trouve ça Vraiment Très intrusif de "commenter", voir "juger" une partie de la vie de qqn, aussi gentil que ça puisse être. Donc, pardonne mes erreurs de débutante ^^ )
    Mais, tu sais, je suis depuis un petit moment ton blog, et je ne suis pas tellement surprise de ta réaction : l'image que tu donnes (et pardonne moi si je me trompe), c'est celle d'une jeune femme vivante, forte, pleine d'énergie, de projets, mais ... freinée par les petites tracasseries du quotidien, mais surtout ... Très largement freinée par ton copain, qui passait (et encore une fois, je ne suis pas sûre que c'est ce que tu voulais dire, mais c'est ce que j'ai ressenti) pour un Énorme boulet, qui t'empêchait de vivre, ou de t'épanouir complètement. A te lire, il paraissait Évident que tu allais enfin respirer après une rupture.
    Du coup en effet, tu t'en sors très bien, parce-que malgré tout, tes sentiments étaient forts et entiers, et ça aurait pu tout aussi bien te faire basculer.
    Donc, félicitations ;)

    Posté par Marine, 31 janvier 2013 à 13:51 | | Répondre
    • Ne t'inquiètes pas, les commentaires courtois n'apparaissent pas comme des jugements pour moi. Ce sont juste les lecteurs qui donnent leur vision des choses ! :)

      Merci de tes compliments tout d'abord ! Oui, finalement le fait de m'être relevée si vite m'a faite comprendre que j'étais déjà une femme ouverte, vivante et motivée avant... Sauf que la seule chose qui comptait, c'était mon copain, mon couple, et il avait beau me reprocher de ne voir que par lui, je continuais. Je n'aurais pas dû, c'est clair. Mais si ça a été nécessaire pour que je fasse ressortir les bons côtés de ma personne, peut-être a-t-il agi intelligemment... :/

      Si je n'ai pas basculé, c'est justement car avant je me tracassais pour rien, des broutilles de couple, et je m'apitoyais sur mon sort. Ca m'a beaucoup desservie. Alors quand j'ai vu que je pouvais chuter, j'ai décidé de ne pas le faire, que je l'avais déjà suffisamment fait sans raison, et que si cette fois-ci j'avais une bonne raison, il valait mieux la transformer en force ! =)

      Posté par JeuneAnecdotique, 31 janvier 2013 à 14:40 | | Répondre
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