28 mars 2013

Pourquoi je suis ce genre de fille ?

Qui suis-je pour avoir pu penser que j'étais guérie ? Quel genre de fille je suis ?

Je suis le genre de fille qui se promène avec une enclume de quatre tonnes sur la poitrine, à longueur de journée. Je suis le genre de fille qui prend des bains à toute heure juste pour le plaisir de se mettre la tête sous l'eau, et d'avoir le choix de remonter ou non. Je suis le genre de fille qui peut chuter de dix étages en deux secondes, et qui ne hurlera même pas à l'aide. Je suis le genre de fille qui a eu longtemps mal en silence, et qui commence doucement à péter un câble. Je suis le genre de fille qui pourrait aller très bien, sauf que les choses ont fait qu'à l'intérieur, ça s'entasse. Je suis le genre de fille de l'arrière-plan, pas très importante. Je suis le genre de fille qui aimerait dormir nuit et jour, ne plus jamais se réveiller, et qui paradoxalement n'arrive que rarement à trouver le sommeil. Je suis le genre de fille qui n'a aucune ambition, et qui ne voit rien en pensant à son avenir. Je suis ce genre de fille, qui craint un max.


C'est comme un monstre, à l'intérieur. Un monstre qu'on croit parfois parti ailleurs. On se dit que la surface est belle, et on oublie ce qu'il y a dessous. Et la réalité nous rattrape très rapidement : il ne fait que dormir. C'est "notre" monstre, il n'a aucune foutue raison de s'en aller. A la première perche qu'on lui tend, il se réveille, s'étire. On l'a dans la peau.

C'est un éternel recommencement. Il reviendra toujours, tant que je n'aurais pas la force de lui péter la gueule. Sauf que ma force, son rôle, c'est de me la prendre. C'est un cercle vicieux, très exactement.

Je ne sais pas comment l'expliquer, parce que ça commence à dépasser les mots. Je suis fatiguée. Pas physiquement, oh ça non, vous pensez bien, je ne fous rien de ma vie. Je suis fatiguée moralement. J'allais mal avant Benoît. J'allais mal pendant Benoît. J'allais mal après Benoît, même si j'essayais de faire croire le contraire. J'ai toujours été mal, et il n'y a aucun responsable à ça.

Ce n'est pas lui. Ce n'est pas mon père. Ce ne sont pas ces gens que j'ai aimé, et qui sont partis. C'est moi, rien que moi. Moi qui ai laissé grandir cette merde à l'intérieur et qui me retrouve à patauger, à ne pas savoir comment m'en débarasser.

Fatiguée. Dans le sens où je n'ai plus vraiment la force. J'en viens à me dire parfois que vivre ce n'est pas trop fait pour moi. Que j'ai pas été moulée pour ça, qu'il y a eu une couille quelque part.

Posté par JeuneAnecdotique à 14:22 - - Commentaires [14] - Permalien [#]


Commentaires sur Pourquoi je suis ce genre de fille ?

    Ouh là, que pasa? Simple coup de mou, ou mal-être dû à quelque chose de précis?!

    Posté par happy hippie, 28 mars 2013 à 14:29 | | Répondre
    • Disons que ça dure depuis quatre ans, et qu'il y a vraiment des "pics" parfois lorsque trop de choses se sont encore accumulées. C'est un peu le cas maintenant...

      Posté par JeuneAnecdotique, 28 mars 2013 à 16:47 | | Répondre
  • Non non et non tu es aussi bien faite pour la vie qu'une autre ! C'est ton moral qui parle et qui te fait des dire des bêtises ! Personne ne t'interdira de les dire hein mais essaie de faire la part entre ce que la dépression te fait dire et ce qui se passe vraiment. La couille elle est dans plein de choses mais il faut la faire battre en retrait, mettre en place qui va faire que tu iras mieux, vraiment mieux, ne pas te laisser aller à penser que fuck de toutes les façons, "ça a toujours été comme ça" ! Il faut te battre contre cet état, voir un psy, en parler, faire quelque chose, ne pas te laisser couler dans ton bain (flippant) et réellement agir. Je sens un vrai appel à l'aide dans ton post et ça me fait flipper. Je crois que tu as besoin d'aide et même si je sais que le blog aide parfois à faire le point, à dire ce qu'on ne peut dire en vrai, il faut que tu cherches de l'aide concrète ma belle... tes mots sont trop flippants pour que tu n'y fasses rien.

    On est là, toujours, mais à mon avis, tu as besoin de plus...
    Take care <3

    PS : j'espère ne pas être trop violente dans mes mots mais tu me fais sincèrement peur, on ne se connaît pas, mais je pense savoir reconnaître de la dépression dangeureuse quand j'en vois. Alors excuse-moi d'avance si je t'ai blessé, ce n'est pas mon but, je veux juste que tu ailles vraiment mieux et que tu fasses quelque chose dans ce sens...

    Posté par lablune, 28 mars 2013 à 14:40 | | Répondre
    • Non non, tu n'es pas trop violente, tu es honnête. Pour tout te dire, je n'en suis plus à me vexer au point où j'en suis, je prends toute l'aide qu'on voudrait bien me donner.
      Merci à toi.

      Posté par JeuneAnecdotique, 28 mars 2013 à 16:51 | | Répondre
  • Qu'est-ce qui se passe ? Il y a forcément quelque chose qui a déclenché ce mal... Je n'aime vraiment pas lire ces phrases. J'espère que tu vas aller mieux, très vite.

    Posté par Submarine, 28 mars 2013 à 14:42 | | Répondre
    • Ça dure depuis quelques années déjà, mais même si certaines choses déclenchent le mal et donc les crises, elles n'en sont malheureusement pas l'origine :/

      Posté par JeuneAnecdotique, 28 mars 2013 à 16:49 | | Répondre
  • Je comprends très bien ce que tu ressens, car je pense qu'on est un peu pareilles. Si jamais tu en as envie, ça me ferait plaisir de discuter avec toi de façon plus perso (genre instantannée, pas par commentaire) car je pense qu'on pourrait bien s'entendre. Je te dis ça parce que je n'irai jamais jusqu'à te dire en quoi on se ressemble sur un commentaire visible par tous. Mais sache en tous cas que je comprends ce que tu ressens, cette sensation d'avoir toujours été plus ou moins mal, d'avoir un petit gouffre à l'intérieur de soi, qui happe la lumière selon qu'on regarde dedans ou non. Je pense souvent aller bien, parce que je suis active, que j'ai un chéri qui m'aime et que j'aime, je m'amuse et je vis de belles choses. Et puis un petit moment d'inattention et je me surprends à être mélancolique, triste, angoissée ou autre. Je ne pense pas être dépressive, car j'ai pu connaître cette maladie chez d'autres et ça ne me ressemble pas, je ne rentre pas dans cette case. Mais il y a, il me semble, une profondeur un peu obscure en moi, proportionnelle à ma part de lumière si j'ose dire. Enfin bref j'aime pas m'étaler donc je m'arrêterai là, mais je te le dis, ça me ferait plaisir d'apprendre à te connaître de façon plus amicale, plus réelle. Si tu veux. :)

    ET COURAGE !

    Posté par estellegdaily, 28 mars 2013 à 15:26 | | Répondre
    • Merci à toi, je t'enverrai un message privé dans ce cas.

      Posté par JeuneAnecdotique, 28 mars 2013 à 16:49 | | Répondre
  • A la lecture de ces mots je n'ai qu'une seule envie : te prendre dans mes bras, te faire un thé et te promettre que ça ira mieux. Dans cinq minutes, dans 2h, dans 3 jours, 1 semaine un mois peu importe le temps que ça prendra, ça ira mieux. Il y a toujours de la lumiere même lorsqu'on y croit plus. Je t'envoie plein de courage et t'offre la force de mes petits poings pour lui mettre la pâtée à ce monstre, moi il ne me fait pas peur !
    Bises :)

    Posté par Miss Blemish, 28 mars 2013 à 16:03 | | Répondre
  • Je ne sais pas trop quoi te dire... trouver le problème, ce qu'il est, sa cause, c'est déjà un bon pas en avant, maintenant faut que tu trouves la clé... plus de confiance en toi, ou en les autres, enfin le petit machin qui va faire que ton monstre va comprendre qu'il n'a plus rien à faire là.

    Posté par Morgane, 28 mars 2013 à 16:49 | | Répondre
  • On a tous notre "monstre" je crois... Plus ou moins enfouit selon les périodes. Se raccrocher aux petits bonheurs c'est une des meilleurs solutions, même si ce n'est pas facile tous les jours. Courage, bises

    Posté par Kikekoidonc, 28 mars 2013 à 17:48 | | Répondre
  • Madame D serait-elle toujours là? é.è

    Posté par Decay, 01 avril 2013 à 13:56 | | Répondre
  • Le monstre ne cohabite pas, il dévore. Mais il arrive qu'un jour, comme ça , sans prévenir, un événement mobilise le peu de force qu'il te reste et te fasse réaliser que finalement, il y a encore de toi en dehors de la souffrance. A cet instant là le monstre reculera suffisamment pour que tu puisses l'envisager comme un élément extérieur ...et le faire définitivement partir.
    Un être de douleur n'est pas aussi passif qu'on le pense. C'est un être de combat :)

    Posté par Lemon June, 19 avril 2013 à 12:23 | | Répondre
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