07 février 2014

Pourquoi l'horreur est subjective ?

Depuis un ou deux ans, je me suis prise d'une passion tout à fait singulière : les films d'horreurs. Pour compléter le truc quand je suis soulée d'être devant un écran, j'attrape mon bouquin de chevet, sur lequel vous trouverez toujours la mention "thriller". Je précise que je n'aime pas les thrillers trop soft, moi il me faut du cadavre démembré retrouvé dans un congélo, de la petite vieille empaillée et autres joyeuseutés. Par contre, autant je trouve énormément de plaisir à lire ou regarder ce genre de choses, autant si j'entends à la télé qu'un meurtre a été commis, j'ai la réaction d'une personne normale : je suis triste, en colère, et si j'avais l'assassin en face de moi, je lui glisserais bien un petit "enculé" au creux de l'oreille.

Alors, suis-je folle ? Suis-je complètement dérangée ? Est-ce qu'il me manque une case là-haut ? Est-ce que je suis destinée à devenir une grosse psychopate ?

En fait, je ne pense pas. Il y a deux ans, je ne pouvais pas regarder Paranormal Activity sans me cacher les yeux (on voit le niveau de l'époque), aujourd'hui il faut mettre y mettre du nerf pour me faire vraiment peur. Maintenant, pour que je me souvienne d'un film d'horreur, il faut qu'il me traumatise, c'est bien simple. J'en regarde au moins un par jour, et j'essaie de lire mes bouquins bien gais au moins une fois par jour aussi de manière quotidienne également (le goût de la lecture, ça s'entretient !). J'en regarde tellement que le temps destiné à choisir mon film devient de plus en plus long : j'ai la triste impression d'avoir fait le tour, et ça me frustre.

Souvent, mon copain me dit que c'est bizarre que j'aime autant ce genre de films. Tous les copains que j'ai eu ne pouvaient pas regarder un film d'horreur sans être dégoutés, alors finalement, bah on en regardait pas... Pour la plupart des gens, un film d'horreur, c'est inutile. La théorie peut se tenir, parce qu'au fond, un film où des neuneus se font poursuivre par un taré avec une hache, où une nana est retrouvée en morceaux dans un pré, où le seul intérêt est de deviner dans quel ordre vont mourir les personnages, ça ne sert pas à grand-chose, ce n'est que du divertissement, ça fait à peine réfléchir et ça ne change pas notre vie. Et pourtant, dans ma vie, ça a une utilité. C'est un fait, la violence et la folie existent, des malheureux tombent sur le genre de gros malades qu'on voit dans les films, et ces malheureux pourraient bien être nous un jour.

Je ne dis pas que regarder ce genre de film est une sorte de guide de survie, parce qu'en deux films, on a déjà fait le tour de toutes les conneries que les personnages font, et des règles simples à suivre pour ne pas finir comme eux : appeler la police dès que l'on voit un téléphone, allumer les putains de lumières dès qu'on entre dans une pièce et ne pas toujours s'aventurer bêtement dans les recoins les plus sombres possibles (ou si on a envie d'adrénaline et qu'on est décidé, y aller avec un couteau, c'est pas sorcier, merde !).

Ceci étant dit, on pourrait donc se demander : mais POURQUOI alors, pourquoi tu te fourres ces cochonneries dans le crâne ? Pourquoi tu ne t'en tiens pas à tes épisodes de Grey's Anatomy et tes films français avec des filles qui se demandent, un gloss à la main, si elles ne vont pas finir vieilles filles ?

 

Ma vraie vision de l'horreur

 

J'ai besoin de voir le côté sombre du monde, de la vie, de l'humain. Le mal vient toujours de nous, être humain. Et ça me fascine de voir de quelles manières le mal de l'homme peut "s'épanouir" et impacter la vie bien tranquille des autres. J'ai besoin de tester ma peur, de voir où s'arrête l'émotion et où démarre l'indifférence. Même si je suis indifférente à pas mal de scènes pas très propres à présent, je suis soulagée lorsque je ressens de l'effroi devant certains films. J'en ai la preuve il y a quelques semaines.

Autant, voir une grognasse se faire charcuter la tête dans Hostel, j'en suis ressortie bien dans ma tête car rien n'est fait pour nous faire ressentir autre chose que du dégoût pour les plus sensibles (ok, j'avoue, j'ai eu un petit haut le coeur, ça va hein Senna)(Secret Story joke, la honte).

Autant, le film "Megan is missing" a ravivé chez moi quelque chose de disparu depuis longtemps. Et même si j'ai été marquée, voire traumatisée, j'ai aussi été soulagée. Je ne suis pas un être insensible, je fais juste inconsciemment la différence entre un film con et divertissant, et un film qui en a dans le slip.

Megan is Missing est assez basique, peut-on se dire. On y voit deux adolescentes parler de cul, vomir leurs tripes à des fêtes et se parler à la webcam, le tout filmé de manière dite "réaliste", avec retranscriptions Skype, extraits de journaux télévisés et caméra à l'épaule. (Je risque de spoiler, alors si tu comptes t'y aventurer et avoir un peu de surprise, ne lis pas ce qui suit !). Puis, une des deux amies rencontre un jeune homme croisé sur Internet... Et se fait enlever. Jusqu'ici, tu as un peu la haine, mais bon, ça n'a rien de vraiment original dans le monde où nous vivons. Et pourtant, ce film, avec DEUX images d'à peine trois secondes chacune, réussit à t'empêcher de dormir plusieurs jours. En tout cas, c'est l'effet que cela a eu pour moi, alors que je peux regarder quelqu'un se faire décapiter dans un film (en vrai par contre, ça coincerait un peu, nous somme d'accord) et très bien dormir la nuit. Là, ce n'était pas du sang pour du sang, des intestins qui dégoulinent pour faire dire "beurk". C'était marquant. Ca m'a marqué au fer rouge, honnêtement.

Nous passons la première partie du film à nous attacher à ces deux jeunes filles, à être parfois émue de l'amitié qui les soude, de leurs problèmes et de leurs petits caractères. On leur veut du bien, on voit leur famille, leur sentiment, leur personnalité, LEUR VIE. L'enlèvement vient chambouler tout ça. Mais ce qui manque chaque fois que l'on nous expose un kidnapping, c'est notre capacité (et notre envie, ce qui est bien normal) d'imaginer ce qu'est en train de subir la victime, ce qu'elle subit à l'abri de nos regards. Parfois, on nous le racontera, mais jamais on ne nous ne le montrera dans sa réalité la plus sordide. Bah, dans ce film, on le voit. Et si on aurait préféré ne rien voir, on ne peut que remercier le réalisateur, car il nous fait prendre tristement conscience de notre humanité, notre impuissance. Des photos sont retrouvées sur un site fétichite et transmises au FBI par le gérant du site internet en raison de leur caractère dérangeant. Après avoir lu cette information, on sait pas trop à quoi s'attendre. Bah, on attend pas très longtemps, parce que les photos, on nous les montre. C'est elle, c'est Megan, la jeune fille enlevée. Un silence de plomb s'abat pendant que ces photos, même pas gores, nous sont envoyées à la figure. Elles n'ont rien de sanglantes, elles sont pires que ça. Elles sont dérangeantes. Et je peux vous dire que j'ai eu du mal à me débarrasser de ces images. Le lendemain, j'avais ma session de recrutement à la SNCF...  Avec le stress + le film, je n'ai pas fermé l'oeil, trop  obsédée que j'étais par ce que j'avais vu ! Il faut le faire, pour m'empêcher de dormir...

 Hier, mon copain m'a dit que je risquais de devenir une grosse timbrée meurtrière et sadique à force de regarder ce genre de films. Je l'ai pensé aussi, quelquefois, au tout début, lorsque je m'étonnais de mon attirance pour ce genre de choses. Le fait est que deux ans plus tard, je n'ai toujours tué personne (promis), je suis une femme à peu près épanouie qui s'est découvert une passion pour le contact humain, et qui est incapable de faire du mal à une mouche. Alors, il n'y a aucune manière de prévoir qui sera un psycopathe sanguinaire et qui ne le sera pas selon nos goûts en matière de divertissements (jeux vidéos, livres, films, musique). Si tu vois une gamine écraser un pigeon avec une brique et en ressortir avec un petit sourire mesquin, là, inquiète-toi. Mais non, aimer regarder des films violents ne veut pas dire grand-chose, finalement. Et c'est tant mieux, sinon j'aurais déjà un cimetière dans mon placard.

Quel genre de films aimez-vous ?!

Posté par JeuneAnecdotique à 21:08 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Commentaires sur Pourquoi l'horreur est subjective ?

    Je suis un peu comme toi, mes livres favoris sont les thrillers, et j'aime quand ils sont assez sombres, je ne sais pas si tu connais mais probablement si c'est ton genre préféré, Franck Thilliez, j'adore ses thrillers :) Sinon depuis assez jeune j'aime regarder des films d'horreur (par contre un rien me fait peur mais j'aime quand même regarder, en me cachant parfois les yeux ou en me bouchant les oreilles ^^).

    J'ai vu Megan is missing il y a un long long moment et d'ailleurs je l'avais presque oublié mais je me souviens, il m'avait très choqué, c'était assez atroce je trouve...

    Posté par Délices de Minie, 07 février 2014 à 22:35 | | Répondre
    • Oui, j'aime beaucoup Franck Tilliez ! J'ai lu vertige, Puzzle et la chambre des morts :)
      Un autre très bien aussi, c'est Maxim Chattam. Sa trilogie du mal est juste grandiose, ça part très loin dans la folie humaine.
      En ce moment je me fais tous (ou presque) les livres de Peter James, j'aime beaucoup :)

      J'aimerais bien oublié Megan is Missing. Désolée de te l'avoir rappelé ! ^^

      Posté par JeuneAnecdotique, 07 février 2014 à 22:51 | | Répondre
      • et AtomKa de Thilliez est super aussi! à lire!

        Posté par chloé, 13 février 2014 à 11:42 | | Répondre
      • et AtomKa de Thilliez est super aussi! à lire!

        Posté par chloé, 13 février 2014 à 11:42 | | Répondre
  • Je plussoie cet article :)
    Je suis toute pareil que toi, y'a plein de fois où j'ai envie de me faire peur et je demande à mon copain à regarder un bon film d'horreur.
    Par contre voilà, avec Megan is missing, j'ai été traumatisé aussi et c'est bien là où il faut faire la différence entre horreur et tous ces films de torture mentale. Il y a aussi I spit on your grave qui m'a fait super mal, parce qu'il est question de viol (bon et aussi de vengeance et c'est ça qui a réussi à me faire passer la pilule). Mais voilà il faut savoir mettre une barrière entre les deux et pour le reste, t'inquiète tu n'es pas la seule à kiffer un peu d'horreur bien sanguinolant ;)

    Posté par lablune, 08 février 2014 à 11:04 | | Répondre
  • Perso, j'évite ce genre là même en bouquin car ça m'empêche de dormir ensuite ;-) #flipetteinside

    Posté par Paula Smack, 09 février 2014 à 20:49 | | Répondre
  • Oui, j'aime beaucoup Franck Tilliez ! J'ai lu vertige, Puzzle et la chambre des morts :)
    Un autre très bien aussi, c'est Maxim Chattam. Sa trilogie du mal est juste grandiose, ça part très loin dans la folie humaine.

    Posté par Adila, 15 février 2014 à 10:16 | | Répondre
  • Tu m'as fait frissonner sous ma couette avec ta photo >< J'aime me faire peur aussi mais j'évite de regarder ceux qui parlent des choses que je crois réelles (tout ce qui touche aux fantômes, à la possession, etc..). Parce que pour le coup, j'ai l'impression de profaner les morts :s

    Posté par Fluffy, 08 mars 2014 à 05:56 | | Répondre
    • j'ai frissonné aussi en cherchant la photo sur google images!
      je les crois réelles aussi mais ça m'intéresse quand même... J'aime bien aussi regarder des sites spécialisés sur internet car souvent ça m'a l'air bien trop réel! ^^

      Posté par JeuneAnecdotique, 08 mars 2014 à 16:39 | | Répondre
      • Bah yavait le dernier, avec le couple qui exorcise une maison, là... Ça fait tellement docu fiction :s

        Posté par Fluffy, 08 mars 2014 à 21:03 | | Répondre
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